Le brief éco. Les jeunes de moins en moins couverts par des assurances complémentaires

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Le nombre de jeunes de 18-24 ans couverts par une assurance complémentaire a nettement diminué l’année dernière. L’institut d’enquêtes qui a réalisé ce baromètre annuel parle même de dégringolade.

Le cabinet Epsy a réalisé une enquête pour la Fnim (Fédération nationale indépendante des mutuelles). Ce baromètre montre que, désormais, seuls 66% des 18-24 ans déclarent être couverts par une assurance complémentaire, contre 75% en 2017 et 80% en 2016. Dans ces 18-24 ans, si on considère uniquement les étudiants, la proportion couverte par une mutuelle a chuté, sur un an, de 85 à 69%, soit une baisse de 16 points. Pas de commentaire, les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Comment s’explique ce repli  

Deux explications sont mises en avant : l’une technique et administrative, l’autre financière. Depuis le 1er septembre, les nouveaux inscrits à l’université sont automatiquement rattachés à la Sécurité sociale, alors qu’auparavant ils devaient s’inscrire à une mutuelle étudiante pour bénéficier de la couverture de base de l’assurance maladie. A partir du moment où la mutuelle n’est plus obligatoire pour s'inscrire à la faculté, ça modifie les statistiques. La Fnim voit aussi dans la baisse des recours aux mutuelles des difficultés économiques, voire une défiance d’une certaine population vis-à-vis du système d'assurance collectif privé.

D'autres classes d'âge concernées

Les jeunes et les étudiants ne sont pas les seuls concernés par cette baisse de couverture santé par les assurances complémentaires. Il ressort de l’enquête Epsy une baisse du recours aux mutuelles chez les ménages aux revenus modestes, ceux dont les revenus annuels sont inférieurs à 20 000 euros. Moins de foyers couverts, et ce malgré la réponse apportée par les assureurs à la demande du président de la République en décembre. Emmanuel Macron les avaient enjoints de modérer, voire geler, les hausses de tarifs dès le premier janvier 2019. Ce à quoi les assureurs avaient répondu par le gel des tarifs liés au reste à charge zéro.

Malgré tout, visiblement, la tendance s’aggrave : 10% des personnes interrogées par le cabinet Epsy disent ne pas être couvertes aujourd'hui par une complémentaire santé. Il ne serait pas étonnant que la question du coût des mutuelles, que ce soit pour les jeunes, étudiants ou pas, et les couples aux revenus modestes, s’invite dans le grand débat national souhaité par le chef de l'Etat, dès la semaine prochaine, pour calmer la colère des "gilets jaunes".

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