Le brief éco. Les inégalités se creusent dans le monde et plus aux Etats-Unis qu'en Europe

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Les inégalités se creusent davantage aux Etats-Unis qu'en Europe, d'après un rapport publié jeudi. L'étude a été rédigée par plusieurs économistes célèbres.

Sans surprise, on apprend que les inégalités se creusent dans le monde. C'est la conclusion d'un rapport inédit publié jeudi 14 décembre sur les inégalités mondiales, coordonné par plusieurs économistes de renom étiquetés à gauche, dont le français Thomas Piketty. 

La méthode se veut nouvelle. Elle prend davantage en compte, selon ses auteurs, le patrimoine des plus riches et pas seulement leurs revenus. Elle montre que les inégalités entre les plus pauvres et les plus riches n'ont cessé de se creuser depuis les années 1980 sur la planète de façon systématique et implacable.

Les inégalités se creusent davantage aux Etats-Unis qu'en Europe

Dans les années 1980, les Etats-Unis étaient au coude à coude avec l'Europe de l'Ouest. Les 10% les plus riches détenaient autour de 10% des revenus globaux. Trente-cinq ans plus tard, les plus riches détiennent 12% des revenus en Europe, 20% aux Etats-Unis. En parallèle, les 50% les plus pauvres se partagent une part plus petite du gâteau, leur part est passée de 20 à 13% de la richesse globale du pays.

Il y a deux différences majeures entre les deux modèles selon les économistes : la première ce sont les politiques publiques comme l'accès à l'éducation. La deuxième c'est la fiscalité, et notamment celle du patrimoine. Plus la fiscalité est progressive selon les chercheurs, moins les inégalités se creusent.

La richesse augmente globalement mais seulement la richesse privée

Certes, la richesse nationale a augmenté de manière considérable, mais dans le même temps, la privatisation des services et des entreprises s'est accélérée. C'est évidemment particulièrement vrai pour les pays qui sont sortis du système communiste : la Russie et la Chine. D'où une augmentation de façon exponentielle de la richesse privée quand la richesse publique, elle, est au mieux proche de zéro,
au pire négative (c'est le cas aux Etats-Unis et au Royaume Uni). Seule exception : les pays riches en pétrole qui possèdent des fonds souverains importants comme la Norvège.

Le principal enseignement de cette étude, c'est qu'il faut maintenir l'impôt progressif et à un niveau élevé, tout en conservant des politiques publiques de qualité. Avoir une politique économique qui intègre tous les habitants, bref inclusive. Voilà qui tombe bien : "inclusif", c'est le mot à la mode en ce moment dans les rencontres internationales. Reste désormais à passer des paroles aux actes...

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