Le brief éco. Les Français épargnent-ils trop en période de crise ?

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En décembre, nous pourrons très probablement parler d’une année historique pour l’épargne française.

Les montants déposés sur les livrets défiscalisés s’accumulent, ce qui pousse le gouvernement à réagir. C’est le double effet Covid-19 : avec le confinement, deux types d’épargne se sont développés au fil des derniers mois. Une épargne dite "forcée" (représentée par l’argent qui n’a pas été dépensé pendant le confinement), et l’épargne dite "de précaution" (l’argent mis de côté par celles et ceux qui ont pu le faire en prévision de jours difficiles). Les livrets défiscalisés – Livrets A et de Développement durable exemptés d’impôts – en sont la meilleure illustration. Selon les derniers chiffres communiqués par la Caisse des dépôts et consignation : la collecte cumulée entre janvier et juillet sur le seul Livret A approche déjà 23 milliards d’euros.  

Vers une année record  

Nous ne sommes qu’en septembre et il n’y a pas de raison que la tendance s’inverse massivement. Donc en décembre nous pourrons très probablement parler d’une année historique pour l’épargne française. Selon la Banque de France, sur les deux premiers trimestres, tous types d’épargne confondus (avec l’assurance-vie), les ménages ont déjà placé 100 milliards d’euros en dépôts. Ce qui peut paraître paradoxal en période de crise, mais non : la sécurité l’emporte face à l’incertitude du lendemain (possible re-confinement, menaces de faillites et de licenciements, etc.). Sur 67 millions de Français, 55 millions ont un Livret A ou LDD, et très souvent pour des sommes assez modestes. Les petits ruisseaux font les grandes rivières.  

Bruno Le Maire fait les gros yeux

Cet argent épargné n’est pas dépensé, ce qui commence à agacer sérieusement le ministère de l’Economie. Bercy lance des signaux d’alerte depuis plusieurs mois. Mardi 25 août dans le quotidien Les Echos, le ministre de l’Economie et de la Relance remet le couvert : "Les Français doivent consommer", insiste Bruno Le Maire. Facile à dire… moins facile à faire appliquer, sauf à en expliquer la nécessité et l’urgence.

Selon l’OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Economiques), ce sont 75 milliards d’euros qui auraient dû partir dans la consommation depuis la mi-mars (3% de Produit Intérieur Brut en moins – le PIB est la richesse nationale produite sur l’année). 75 milliards en moins dans le moteur. Ce n’est bon pour personne, surtout pas pour l’emploi à court et moyen terme.    

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