Le brief éco. Les fabricants d’armes américains n’ont plus la cote

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Les manifestations se multiplient contre les armes à feu aux Etats-Unis et commencent à peser lourdement sur le secteur. Les fabricants voient leurs titres plonger à la bourse de New York. L’un d’eux a même déposé le bilan dimanche. 

Le groupe Remington qui fabrique fusils et pistolets depuis plus de 200 ans a déposé son bilan dimanche 25 mars mais il entend renaître après avoir épongé sa dette colossale de plus d'un milliard de dollars (80 millions d'euros). Remington va mal depuis longtemps (700 emplois supprimés en 2017, soit 30% de ses effectifs). L’entreprise avait annoncé son intention de déposer le bilan 2 jours seulement avant la fusillade qui a fait 17 morts dans une école secondaire de Parkland (Floride) le 14 févier 2018. 

Pas nouveau, le débat prend une autre tournure 

Les difficultés de Remington illustrent un paradoxe de l’ère Donald Trump. Avant l’élection présidentielle américaine, les fabricants d’armes avaient augmenté leur production en prévision d’une présidence Hillary Clinton qui promettait un renforcement des contrôles sur les ventes. Les fabricants s’attendaient à une ruée sur les achats pour passer avant une nouvelle loi, mais rien ne s’est déroulé comme prévu. Donald Trump a été élu et les craintes d’un durcissement de la législation se sont estompées. Du coup, les fabricants qui ont fait tourner la machine à canons et à barillets se retrouvent avec des stocks sur les bras et des situations financières très compliquées. 

Peut-être le début d’un changement aux États-Unis

La mobilisation de 1,5 million d’Américains, dont beaucoup de jeunes, descendus dans les rues samedi 24 mars pour une manifestation historique, confirme la défiance à l’égard de ce commerce mortifère. Les fabricants d’armes subissent aussi la désaffection des grandes entreprises qui prennent leurs distances. Ces entreprises mondialement connues offrent des avantages aux membres de la NRA, lobby le plus influent du monde, qui souhaitent louer une voiture, prendre l’avion ou souscrire une assurance. 

Quelques exemples concrets

Les compagnies aériennes Delta Airlines et United Airlines ont annoncé samedi 24 mars sur Twitter qu’elles supprimaient les réductions accordées sur leurs vols aux membres du lobby de l’armement. Idem pour le loueur de voitures Hertz, la société informatique Symantec ou l’assureur MetLife. Même Bank of America, l’une des plus grosses banques américaines, a annoncé qu’elle réexaminait ses relations avec les fabricants d’armes. Il faut voir quels seront les effets sur le long terme. Mais une page est probablement en train de se tourner aux États-Unis. 

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