Le brief éco. Les commerçants, nouveaux distributeurs automatiques de monnaie

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Les sénateurs viennent de ratifier une directive européenne qui officialise la méthode dite du "cash back". Il sera bientôt possible de retirer de l’argent liquide chez les commerçants de manière totalement sécurisée. 

Il sera bientôt possible de retirer de l’argent liquide chez les commerçants de manière totalement sécurisée. Les sénateurs viennent de ratifier une directive européenne qui officialise la méthode dite du "cash back". On peut déjà le faire en France mais cela reste marginal.

Le principe est simple : il s’agit de payer par carte bancaire un article plus cher que son prix, et le client reçoit en échange la monnaie en espèces sonnantes et trébuchantes. Exemple : vous achetez pour 15 euros d’alimentaire dans une épicerie, vous payez par carte 20 euros et le commerçant vous rend 5 euros en monnaie. Pour l’instant, cette pratique reste dépendante du bon vouloir du commerçant. La transposition du texte européen dans le droit français va permettre d'encadrer cette pratique pour la développer.

Les distributeurs automatiques ne sont pas morts

Les quelque 57.000 distributeurs de billets que compte la France sont inégalement répartis sur le territoire, notamment dans les zones rurales ou isolées. C’est l’un des objectifs de la directive : simplifier et faciliter les opérations du quotidien tout en protégeant mieux le consommateur avec le renforcement de la sécurité des données. Au passage, cela peut permettre de fidéliser ou attirer une plus grande clientèle dans les magasins. Un service que les commerçants pourront facturer et donc faire un petit bénéfice supplémentaire.

Une régulation à peaufiner

Pour l’instant, aucune précision n’a été apportée sur la manière dont le système sera régulé. Le Sénat, qui a entériné le texte, n’a rien modifié de ce que proposait l’Assemblée nationale. Maintenant il faut entrer dans les détails : quel montant maximum le client pourra retirer en espèces chez son commerçant ? Comment définir le montant de la facturation du service par le commerçant ? Tous ces détails seront précisés dans les décrets d’application.

Contradiction des pouvoirs publics

Le cash back est déjà autorisé dans plusieurs pays européens comme l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne, la Belgique ou l’Irlande et l’Italie. Mais il y reste marginal. Selon la Banque centrale européenne, le cash back ne représente à ce jour que 2% des montants en liquides retirés en Europe. Autant dire pratiquement inexistant. Et puis cette pratique va à l’encontre de ce que préconisent parallèlement les pouvoirs publics : aller vers une société sans pièces ni billets, une société du paiement numérisé, notamment pour lutter contre le blanchiment d’argent. Ce n’est visiblement pas pour demain.

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