Le brief éco. Les bourses chutent, la Chine entame une guerre des monnaies

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Les marchés boursiers dévissent. À Paris, le CAC40 a lâché près de 6% en deux séances, à Wall Street on voyait aussi rouge lundi soir avec un Dow Jones et un Nasdaq en chute de 3 et 3,5% respectivement. 

Rien ne va plus sur les marchés boursiers.  La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine prend un nouveau tour : après les hausses de tarifs douaniers décrétés par Donald Trump, Pékin contre attaque. L’arme de la Chine dans ce conflit c’est sa devise, le yuan, qui vient de toucher un plus bas en 11 ans face au dollar, avant de se stabiliser mardi 6 août. Officiellement, la banque centrale chinoise dément dévaluer sa monnaie, mais difficile de croire que Pékin n’est pas derrière cette dépréciation subite du yuan, qui entraîne l’ensemble des Bourses mondiales dans sa chute. Pour Donald Trump en tous cas, les choses sont claires : la Chine manipule sa devise, comme il l’affirme sur Twitter.

La guerre des monnaies

En agissant sur le cours de sa devise, la Chine peut espérer relancer ses exportations mises à mal par les hausses de tarifs douaniers qui vont bientôt toucher l’intégralité des produits qu’elle vend aux américains. Car une devise plus faible permet d’écouler à des prix plus bas – et donc plus facilement – ses exportations sur les marchés extérieurs. C’est donc un moyen pour Pékin de compenser le renchérissement de ses produits lié à la hausse des tarifs douaniers américains. Mais si la Chine commence à laisser filer son yuan, ce n’est pas bon signe : c’est qu’elle n’a que peu d’espoir d’arriver à un accord rapide avec Washington dans ce conflit. Comme chacun sait, les marchés boursiers détestent l’incertitude. Si Pékin donne le signal d’une dévaluation compétitive, d’autres risquent de suivre, et là, c’est la surenchère, à la guerre commerciale vient s’ajouter une guerre des monnaies tout aussi dévastatrice.

Les risques sur la croissance mondiale s’accentuent

Personne n’a intérêt à ce que le conflit États-Unis – Chine ne s’éternise ni même dégénère. Il dure déjà depuis 18 mois et pèse sur la croissance mondiale, notamment en Europe, où l’Allemagne, principal partenaire commercial de la France, et dont l’économie est très tournée vers l’export, souffre de ce contexte.
La logique voudrait que Donald Trump finisse par comprendre que cette escalade est aussi néfaste pour les américains eux-mêmes. Les Chinois l’ont d’ailleurs bien compris en cessant d’acheter des produits agricoles américains, là aussi en signe de représailles. Une mesure qui vise directement l’électorat traditionnel de Donald Trump.

Vous êtes à nouveau en ligne