Le brief éco. Le Ségur de la santé, pari gagné pour le gouvernement. Mais pour l’hôpital ?

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Les syndicats ont obtenu 7 500 créations de postes et une réactualisation de certaines grilles salariales. Plusieurs chantiers restent ouverts qui concernent l'hôpital.

Les accords du Ségur de la santé sur l’avenir de l’hôpital public sont signés lundi 13 juillet à Matignon. Ségur, du nom de l’avenue où se sont tenues les négociations à Paris depuis le 25 mai. Le gouvernement voulait boucler les discussions à la mi-juillet, il y est parvenu. 

Tout s’est joué en fin de semaine. Vendredi 10 juillet, un accord majoritaire a été obtenu pour les personnels paramédicaux (aides-soignants, infirmiers) et non-médicaux (agents techniques et administratifs). Unsa, FO et CFDT ont dit banco. Le lendemain, ce sont les médecins hospitaliers qui sont entrés dans la danse. Trois syndicats sur cinq ont dit oui.

Hausse des rémunérations

Pour les personnels paramédicaux et non-médicaux, une enveloppe de 7,5 milliards d’euros va permettre la mise en place d’une vingtaine de mesures, dont une hausse des salaires de 183 euros net en deux temps (versée pour moitié en septembre prochain, l’autre en mars 2021). À terme, cela représentera une augmentation de quelque 2 200 euros par an, avec effet rétroactif. Pour ce qui est des médecins hospitaliers, parmi seize mesures au total, ils ont obtenu une augmentation de la prime versée aux praticiens qui s’engagent à travailler uniquement dans les hôpitaux publics, sans dépassement d’honoraires (hausse globale de 450 millions d’euros pour leurs rémunérations).

Plusieurs chantiers restent ouverts

Peut-on dire pour autant que ces mesures répondent aux revendications des personnels, et règlent les problèmes de l’hôpital ? Non. Plusieurs chantiers restent ouverts, notamment celui du temps de travail avec les 35 heures appliquées à l’hôpital public qui pèsent sur l’organisation des services depuis 2002. Un assouplissement est envisagé sur la base du volontariat pour celles et ceux qui voudront travailler plus. Autre chantier : le poids de l’administration. L’hôpital public français compte près de deux administratifs pour un soignant. Selon l’OCDE, nos hôpitaux publics comptent 33% de personnel non-médical contre 26% en Allemagne dont la population est pourtant supérieure d’un quart. Sans parler des ARS (Agences Régionales de Santé) souvent présentées comme très coûteuses en masse salariale par rapport à leur réactivité face à l’urgence. Le coronavirus ne leur a pas permis d’améliorer leur image sur ce point.

Sur le fond, le Ségur de la santé ne règle pas la viabilité de l’hôpital public sur le long terme. Et pour les personnels, il aura fallu attendre la crise de la Covid-19 pour obtenir gain de cause sur certaines revendications de longue date. Des soignants qui ont fait preuve d’abnégation et qui sont aujourd’hui, en partie, récompensés pour leur peine.

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