Le brief éco. Le ciel s’éclaircit pour Air France-KLM

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Air France a réussi à dégager un bénéfice d'exploitation entre juillet et septembre de cette année. Un milliard 65 millions de bénéfices au troisième trimestre.

Touchée par les grèves au premier semestre, Air France a réussi à dégager un bénéfice d’exploitation entre juillet et septembre. Plus d'un milliard d’euros, c’est mieux que ce qu’attendaient les analystes.

On pouvait craindre le pire avec les grèves qui ont coûté à la compagnie quelque 335 millions d’euros, selon la direction. Un milliard 65 millions de bénéfices au troisième trimestre, en hausse de 23%. On peut parler d’un résultat solide, même s’il reste légèrement inférieur à ceux des concurrents, dont l’Allemande Lufthansa, mais Air France n’a pas à rougir.

À quoi peut-on attribuer ces bons résultats ?

D’abord : juillet-septembre, nous sortons de la période des grèves, même si des menaces planent encore. Ensuite, c’est la période des vacances. Le trafic a augmenté de près de 2,5%, avec plus de 28 millions de passagers transportés, essentiellement vers l’Amérique du Nord et l’Asie. D’où une progression du chiffre d’affaires qui a permis à Air France de compenser l’impact négatif de la hausse des prix du carburant (facture pétrolière de cinq milliards d’euros en 2018). Concrètement, le groupe a réussi à baisser le coût unitaire de 20% (le coût unitaire, pour une compagnie aérienne, c’est ce que lui coûte chaque siège – le passager qui l’occupe – par kilomètre parcouru). Le coût, ou la recette unitaire, c’est la réelle référence de perte ou de profitabilité pour une compagnie aérienne. Cela reflète son dynamisme économique et commercial.

Bonne nouvelle pour le nouveau patron, Benjamin Smith

Benjamin Smith n’est pour rien dans ces bons résultats puisqu’il a pris officiellement la direction de l’entreprise il y a quelques semaines seulement. Mais ces bons chiffres reflètent à ses yeux la preuve de la puissance commerciale et l’attractivité de la marque. Preuve aussi, dit-il, de l’"engagement de toutes les équipes" malgré les tensions sociales. Cela, c’est le discours fédérateur de circonstance car le plus dur est à venir : le principal syndicat de pilotes (Snpl), ainsi que la CGT, n’ont pas signé l’accord du 19 octobre dernier qui prévoit une augmentation générale des salaires de 4% sur deux ans. Cet accord coûtera déjà à Air France 51 millions d’euros pour la seule année 2018. Les négociations reprennent la semaine prochaine. Que vont demander de plus le Snpl et la CGT ? Ben Smith a déjà certainement une petite idée. Reste à connaître sa réponse.

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