Le brief éco. L’argent facile pour les banques, c’est fini

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La Banque centrale européenne a mis fin jeudi au dispositif des taux d'intérêt zéro, ou même négatifs.

Ces derniers mois on a beaucoup parlé des taux d’intérêt zéro, voire négatifs. La Banque centrale européenne a mis fin au dispositif, jeudi 23 mars 

Il y avait une ambiance de soldes ce jeudi à Francfort. En une seule journée, 470 banques de la zone euro se sont ruées à la BCE pour emprunter gratuitement, ou à un taux négatif (- 0.4%), sur quatre ans. 234 milliards d’euros ont été distribués par la Banque centrale, soit deux fois plus que prévu. Aucun détail n’a été communiqué officiellement mais ce sont les banques italiennes et espagnoles qui auraient souscrit la majorité de ces emprunts.

Pourquoi la BCE met fin au dispositif

Ce processus avait été mis en place en septembre 2014 pour permettre aux banques de prêter plus facilement de l’argent aux entreprises et aux particuliers. Un moyen d’accompagner la reprise économique balbutiante. Le principe des taux négatifs est simple : c’est comme si vous alliez voir votre banquier et que celui-ci vous donnait de l’argent, en plus du crédit que vous lui demandez. Il vous offrirait ainsi du pouvoir d’achat supplémentaire que vous iriez réinjecter dans la consommation et participer, à votre niveau, à la croissance. C’est ce que faisait la BCE jusqu'à jeudi avec les grandes banques commerciales. La décision de l’établissement francfortois d’arrêter le processus montre que les autorités monétaires estiment dépassé le risque de déflation.

La conjoncture économique va mieux mais tout n’est pas réglé. Nous sommes encore dans une période d’instabilité sur le plan international. C’est pourquoi la BCE, tout en mettant un terme à la politique des taux zéro, va continuer à racheter des dettes souveraines des Etats. C'est ce que l'on appelle sa politique d'assouplissement monétaire (Quantitative Easing, en anglais). La Banque centrale rachète aujourd'hui pour 80 milliards d’euros de dettes par mois. A partir d'avril, le rythme passera à 60 milliards d’euros.

Des prix mieux régulés 

À terme, la décision de la Banque centrale européenne se traduira par la remontée des taux pour tout le monde : gênant pour l’emprunteur, mais plutôt bon pour l’épargnant qui va voir remonter la rémunération de son épargne. Vient ensuite la régulation des prix. La BCE veille au maintien d’un juste niveau entre une inflation pas trop haute, qui nuirait à notre pouvoir d’achat, mais pas trop basse car cela nuirait à la production des entreprises et aux salaires. Jeudi 23 mars, une page s’est donc tournée. On désactive progressivement le starter du moteur, on commence à débrancher les perfusions que l'on avait mises aux bras de l’économie. En soit, cela n’est pas une mauvaise nouvelle.

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