Le brief éco. L’Arabie saoudite lance son premier emprunt international

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L’Arabie saoudite entame mardi 18 octobre des discussions avec des investisseurs internationaux pour lancer un grand emprunt financier. Une première pour cette pétromonarchie.

On parle d’au moins 15 milliards de dollars. De grandes banques internationales, dont BNP Paribas, sont mandatées par Ryad pour organiser et gérer cette opération de grande ampleur. La levée de fonds devrait avoir du succès car le royaume a peu de dette extérieure et a donc la possibilité de lever d’importantes sommes. Et puis c’est tout bénéfice pour les prêteurs qui trouveront meilleur rendement à leur placement qu’en Europe où les taux rémunérateurs sont à zéro %, voire négatifs. Point de tout cela au Royaume de l’Or Noir.

Pourquoi ce besoin d’argent de la part de l’Arabie saoudite ?

Cet emprunt va permettre à Ryad de régler ses problèmes financiers liés à la chute des cours du brut depuis 2 ans. Une baisse des cours de 60% qui a sérieusement entamé ses revenus pétroliers, l’essentiel de ses ressources pour assurer le financement de la lourde administration publique d’un état providence.

Des problèmes financiers à relativiser

Certes, l’Arabie saoudite n’a pas de raison de se plaindre outre-mesure. Mais quand on regarde les chiffres, l’impact de la chute des cours du brut sur les finances saoudiennes est évident : les réserves financières du Royaume sont passées de 730 milliards de dollars en 2014 à 560 milliards en août dernier.

Le matelas reste confortable – l’Arabie saoudite a en réserve à la Banque centrale l’équivalent de trois ans d’importations –, mais les dépenses somptuaires du quotidien grignotent rapidement le magot. Le pays accuse un déficit budgétaire proche de 90 milliards de dollars.

L’Arabie saoudite a commencé à réagir

Ryad a déjà réduit les subventions, freiné la réalisation de gros projets et abaissé le salaire de ses ministres et de ses fonctionnaires. Une TVA vient d’être instaurée (lundi 17 octobre) : 5% qui ont fait l’objet d’un accord entre ministres des finances du Conseil de Coopération du Golfe composé de l’Arabie saoudite, Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d’Oman et du Qatar.

L’emprunt que lance aujourd’hui l’Arabie saoudite sur le marché international va servir de test pour les autres pétromonarchies confrontées aux mêmes problèmes. C’est aussi du pain béni pour les investisseurs internationaux qui ne savent plus où placer leurs liquidités excédentaires. Enfin, c’est aussi une opération vérité pour Ryad qui va devoir jouer la transparence et ouvrir tous ses livres de comptes…

 

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