Le brief éco. La Fnac sort sa carte bancaire

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Distributeur historique de produits culturels, la Fnac devient banquier. Le groupe propose une carte universelle de paiement, une carte bancaire, avec des arrière-pensées commerciales évidentes.

C'est de bonne guerre pour la Fnac. L’objectif est de gagner de nouveaux clients, fidéliser l’existant et donc développer le chiffre d’affaires. Le tout pour renforcer son positionnement face au grand concurrent, dont le distributeur sur internet : Amazon. Le patron de la Fnac, Alexandre Bompard, l’a toujours dit : "le modèle Fnac-Darty sera une solide alternative à Amazon".

1% de tous les achats sera crédité sur un compte fidélité

Conçue avec le Crédit agricole, cette Mastercard est valable trois ans, rattachée directement au compte du client qui n’a pas besoin de changer de banque. Elle propose gratuitement le paiement différé en début de mois suivant l’achat, le paiement sur internet et le retrait d’argent aux distributeurs automatiques.

L’originalité est construite autour de ce que l’on appelle le "cagnottage" : 1% de tous les achats réalisés avec la Mastercard-Fnac sera crédité sur le compte fidélité des clients et alimentera une cagnotte. En réalité des chèques cadeaux pour les 5 millions de clients adhérents.

La Fnac prend le train de la "fintech" en marche

On est au cœur de ce que la "fintech" offre au commerce. Comme l’indique l’acronyme, la fintech est l’alliance de la finance et de la technologie. Chaque opérateur a ses spécificités. Carrefour propose une carte bancaire en boîte vendue en rayons. L’opérateur téléphonique Orange arrive avec sa propre banque. Et BNP Paribas vient de racheter le compte Nickel commercialisé chez les buralistes.

C’est un gros défi pour le secteur bancaire traditionnel qui ne peut que relancer la guerre des prix. Ce qui serait positif pour les clients, car la concurrence fait baisser les tarifs, mais négatif en termes de conséquences sur l’emploi dans les banques traditionnelles. Pour certains analystes, l’effet sera identique à celui de l’arrivée de Free et de ses offres à prix cassés sur le marché de la téléphonie mobile, il y a quelques années.

Une nécessaire régulation

Les grandes banques se voient obligées de racheter des structures plus petites, donc plus agiles, pour rester dans le coup. Reste l’impact sur le risque. Ces nouvelles structures permettront-elles de mettre un terme au risque bancaire ? Rien n’est moins sûr. D’où le besoin de régulation, mais le régulateur est plutôt désarmé face à cette arrivée massive de nouvelles offres bancaires.

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