Le brief éco. La disgrâce boursière de Facebook est-elle justifiée ?

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Le titre du réseau social américain Facebook a plongé de près de 20% en clôture de la bourse à New York, jeudi. Les déboires continuent pour Mark Zuckerberg.

C'est une véritable journée noire que Facebook a connue à la bourse de New York jeudi 26 juillet. Le titre du réseau social américain a plongé de près de 20% en clôture. Les déboires continuent pour le jeune patron Mark Zuckerberg.

La fortune personnelle de Mark Zuckerberg, qui se résume en réalité à sa participation au capital de Facebook, a fondu de 14 milliards d'euros en l'espace d'une journée. Pas mieux pour le groupe en tant que tel : le titre Facebook a terminé en baisse de 19% à 151 euros l'action, ce qui a fait fondre la valeur boursière de l'entreprise de 120 milliards d’euros. Mais pas de soucis car ce vendredi matin Facebook vaut encore quelque 440 milliards d'euros à Wall Street, c’est plus de trois fois la valeur de Total ou LVMH à la bourse de Paris.

Pourquoi l’action Facebook dévisse-t-elle ?

Mercredi, le groupe a annoncé des résultats inférieurs aux attentes des analystes. Même si le nombre d'utilisateurs mensuels actifs du réseau a progressé sur l'année pour totaliser 2,23 milliards de personnes, le chiffre d'affaires n'a progressé "que" de 42% à 11 milliards d'euros au deuxième trimestre. Piètre performance aux yeux des analystes qui estiment que le groupe peut faire mieux, d'où la sanction sur le titre à la bourse.
L'entreprise américaine souligne que ses résultats d'avril à juin sont les premiers à prendre pleinement en compte les effets de la nouvelle réglementation européenne sur la protection des données personnelles (RGPD) mais, surtout, c'est la période pendant laquelle a éclaté le scandale Cambridge Analytica sur le détournement des données personnelles de dizaines de millions d'utilisateurs. Enfin, il y a les mauvaises prévisions annoncées par le comptable de Facebook : les coûts liés à la protection des données et l'impact publicitaire négatif du ralentissement de l'utilisation de ses services vont peser sur les bénéfices au moins pendant les deux prochaines années.

Quel avenir pour Facebook ?

C'est le modèle économique du groupe en tant que tel qui est sur la sellette. Mais il faut relativiser et prendre un peu de recul. Rappelons simplement que lors de son introduction en bourse en mai 2012, l'action Facebook valait 32 euros. Elle vaut aujourd’hui un peu plus de 150 euros. Autant dire que cela laisse une belle plus-value aux actionnaires qui voudraient revendre leurs titres aujourd'hui.
En résumé, Facebook se porte bien, mais les marchés et Mark Zuckerberg mettent la pression sur les autorités politiques avec un message très clair : la régulation d'internet pénalise l’activité. N'allez pas trop loin en matière de régulation, sinon, plus que les actionnaires, ce sont les employés qui, à terme, risquent de trinquer. Sur le fond, Facebook n’est pas aussi misérable que le laisse entendre son jeune patron, avide de toujours plus de pouvoir politique et financier.

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