Le brief éco. La crise doit-elle ou non conduire à repousser les réformes ?

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La question monte au sein du gouvernement et le rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale en a remis une couche dimanche.. 

Laurent Saint-Martin, député LREM du Val-de-Marne, rapporteur général de la commission des finances à l’Assemblée nationale, est très clair au sujet des réformes structurelles portées par Emmanuel Macron : "Elles restent d’actualité malgré le contexte politique, économique et social bouleversé par la crise sanitaire", dit-il dans le JDD. "C’est juste le calendrier qui est repoussé" avec la crise, explique le député de la majorité présidentielle. Laurent Saint-Martin agite le chiffon rouge de l’endettement massif décidé depuis le mois de mars par l’exécutif pour soutenir l’économie et les entreprises, mais il prend bien soin d’écarter toute austérité budgétaire.

Quelle est la recette avancée par le rapporteur général de la commission des finances à l’Assemblée nationale pour commencer à diminuer la dette de la France ? Laurent Saint-Martin évoque quatre pistes et procède par élimination. Augmenter les impôts : on s’y refuse. Une remontée de l’inflation ? Ce n’est pas le cas aujourd’hui, donc oublions. Doper la croissance ? C’est l’axe prioritaire du gouvernement. Enfin, diminuer la dépense publique ? Oui, mais comment ? En menant des réformes structurelles "efficaces et justes". C'est la botte secrète.

Les retraites en fond de décor

Le dossier ultrasensible de la réforme des retraites refait surface dans un calendrier compliqué au point d'entraîner quelques dissonances au sein du gouvernement. Bisbilles entre le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, pour qui "la réforme des retraites sera la priorité absolue le jour où nous engerons les réformes", et la ministre du Travail, Élisabeth Borne, pour qui la priorité absolue est de sortir de la crise sanitaire.

Reprendre les discussions avec les partenaires sociaux dans le contexte actuel est impossible. D'ailleurs le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger l'a fermement rappelé dimanche : le sujet des retraites "n'est pas abordable avant 2022", autrement dit avant l'élection présidentielle. Mauvais timing mais ferme volonté de Bercy, le dossier est loin d'être refermé.

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