Le brief éco. La compagnie aérienne Aigle Azur revend ses liaisons vers le Portugal

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La deuxième compagnie aérienne française derrière Air France joue sa survie. Elle revend ses liaisons vers le Portugal à la low-cost espagnole Vueling, contrôlée par British Airways. Une mesure d’urgence pour la compagnie car la situation est grave et le temps presse.

L'avenir d'Aigle Azur est sombre. La compagnie aérienne qui emploie 1 150 salariés dont 130 pilotes, et exploite 11 appareils, est asphyxiée financièrement. Depuis 2012, elle ne cesse d’être dans le rouge, et aurait cumulé plus de 50 millions d’euros de pertes pour un chiffre d’affaires de 300 millions d'euros par an. Aujourd’hui, Aigle Azur dit avoir 25 millions d’euros dans ses caisses, c’est assez pour fonctionner tout l’été et assurer le retour des 100 000 passagers qui ont emprunté ses lignes pour les vacances, mais au-delà, c’est le grand saut dans l’inconnu.

Aigle Azur a eu la folie des grandeurs

Alors qu’elle se concentrait depuis le début des années 2000 sur le Maghreb et surtout l’Algérie avec six villes desservies – des destinations très rentables – la compagnie s’est dispersée en se lançant dans le long-courrier, sans stratégie claire. Un virage sous l’impulsion de son actionnaire chinois HNA, entré au capital il y a sept ans en lui promettant un avenir radieux. L’été dernier, Aigle Azur ouvre une ligne Paris-Sao Paulo, puis ce sera un Paris-Pékin dans la foulée. Au final, c’est un fiasco. La liaison vers la Chine est abandonnée en avril dernier, alors que celle vers le Brésil devrait disparaitre à l’automne. Mais ce n’est pas tout puisque pressé par ses créanciers, Aigle Azur à même dû rendre un de ses avions en juin dernier car faute de moyens, toute sa flotte est louée à des sociétés de leasing. Pendant toutes ces années l’actionnaire chinois n’aura rien fait pour changer la donne, il est d’ailleurs lui-même en difficultés et ne donne plus signe de vie.

Les liaisons sur le Portugal cédées à Vueling

Théoriquement, Vueling peut faire ce qu’il veut de ces créneaux horaires au départ d'Orly, de ces "slots" dans le jargon aérien. Et ce sont d’ailleurs ces "slots" qui font toute la valeur d’une compagnie aérienne tant ils valent le l’or. Surtout à l’Orly où le nombre de créneaux est plafonné du fait du couvre-feu qui interdit tout trafic aérien entre 23h30 et 5h30 du matin pour la tranquillité des riverains. En plus de se couper un bras en vendant une denrée si rare, Aigle Azur donne à Vueling l’occasion se renforcer à Orly où elle opérait déjà comme d’autres low-cost. Des compagnies aux coûts d’exploitation beaucoup faibles que leurs concurrentes françaises, et qui font grincer pas mal de dents dans la profession.

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