Le Brief éco. La Banque centrale européenne joue-t-elle avec le feu ?

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Les mesures pour stimuler l'économie européenne sont-elles vraiment efficaces à long terme ?

Jeudi 12 septembre, le président de la Banque centrale européenne a annoncé une série de mesures destinée à stimuler l’économie de la zone euro, qui connaît des signes de faiblesses. Les décisions de Mario Draghi semblent de plus en plus contestées.

Pour l’heure, il n’est pas alarmiste, mais tient à rester vigilant. Le banquier central estime que le risque de récession en zone euro est faible mais qu’il augmente. D’où le besoin de mesures supplémentaires pour empêcher la vague de grossir. Parmi ces mesures figure une nouvelle baisse des taux d’intérêt. Depuis 2016, Mario Draghi lutte contre vents et marées et écarte systématiquement les critiques sur sa politique qualifiée "d’accommodante", c’est-à-dire adaptée à la situation économique des pays de la zone euro.

Depuis 2016, la BCE maintient ses taux directeurs à un niveau planché (0%), voire négatifs, pour permettre aux banques de prêter plus facilement aux ménages et aux entreprises. L’objectif est de soutenir l’économie par la consommation et l’investissement. Jeudi, Mario Draghi a décidé de baisser encore un peu plus le taux de dépôt qui permet de rémunérer l’argent placé par les banques (-0,4 à -0,5%) et de continuer à racheter de la dette d’État et d’entreprises à raison de 20 milliards d’euros par mois.

Interrogations croissantes

Les sommes colossales en question commencent à inquiéter certains observateurs. Surtout certains acteurs, comme les banques, qui voient leurs marges réduites par les taux négatifs. En prêtant de l’argent à leurs clients à 0%, elles ne gagnent pas en retour et creusent leurs réserves et profits. Le problème se pose également pour les épargnants et les retraités qui, avec des taux nuls, voient les rendements de leurs placements s’amenuiser. Pas bon pour le moral.

Patrick Artus, directeur de la recherche de Natixis, estime que la BCE favorise des investissements inefficaces, qu'elle entretient ce qu’il appelle des entreprises "zombies". Des entreprises qui survivent uniquement grâce au soutien bancaire. Stimuler l'économie par des mesures drastiques, oui, mais à quel prix ? Politique efficace ou, au contraire, dangereuse à moyen ou long terme ? C’est tout le débat que devra trancher la future patronne de la BCE. Christine Lagarde remplacera Mario Draghi à partir du 1er novembre prochain.  

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