Le brief éco. ISF, pédagogie d’une nécessaire réforme

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Le président de la République à prononcé une petite phrase lourde de sens dimanche lors de l'interview télévisée : "Je ne crois pas à la jalousie envers les riches." Allusion faite à la polémique sur la réforme de l’Impôt de solidarité sur la fortune.

"Je ne crois pas à la jalousie envers les riches". Petite phrase lourde de sens, signée Emmanuel Macron. Le président de la République l’a prononcée dimanche soir lors de son intervention télévisée. En toile de fond : la polémique sur la réforme de l’Impôt de solidarité sur la fortune.

La réforme de l'ISF est le vrai marqueur du programme économique d'Emmanuel Macron car elle permet une vraie rupture avec ses prédécesseurs, de droite comme gauche. Nicolas Sarkozy a maintenu l'ISF, François Hollande ira jusqu'à inventer la taxe à 75 % sur les hauts revenus.


Le choix polémique d'Emmanuel Macron est assumé. Martelé à travers plusieurs petites phrases distillées au cœur de l’interview : fini de "jouir de sa richesse plutôt que d’aider l’économie en réinvestissant." On pense immédiatement à un impôt sur les biens de luxe ostentatoires : yachts, etc. Sur ce point, c’est le Parlement qui tranchera. Le débat sur le budget 2018 débute mardi 17 octobre à l'Assemblée nationale.

Traduire dans les faits

Le point clef est la transformation de l’ISF en IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière). Le principe est d’alléger l’impôt sur le capital et l’alourdir sur l’immobilier. Pourquoi ? La fortune immobilière est comparée à de la rente facile. En revanche, le capital (actions, dividendes) c’est le travail. Sans capital, pas de travail. L’idée est de montrer que taxer le capital, c’est freiner l’investissement, l’innovation et l’embauche. Emmanuel Macron court-circuite ainsi le message de ses opposants selon lesquels réformer l’ISF c’est avantager les riches. Le chef de l’Etat tient à prouver le contraire : réformer l’ISF, c’est faire en sorte de mieux utiliser l’argent disponible. CQFD.

L’ISF n’est pas le seul outil

L’autre levier est la flat taxe de 30 % – autrement appelée PFU, Prélèvement Forfaitaire Unique – sur l’épargne (PEL, Assurance-vie, etc.). Mieux orienter l’épargne de tout le monde et pas seulement des "riches". L'encours de l'épargne des Français s'élève aujourd'hui à un peu plus de 4 000 milliards d'euros. L'idée est donc de redonner aux épargnants la culture du risque pour flécher cette épargne vers l'investissement. Tout sauf l’épargne pépère rassurante mais moins utile.
Dès lors, le débat n’est plus de savoir si on fait des cadeaux à tel ou tel. Mais est-ce que cela suffira pour créer le fameux choc de confiance ? A voir.

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