Le brief éco. Grèves : 0,1% de PIB en moins peut en cacher un autre

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Alors que les grèves à la SNCF et Air France se poursuivent, Bercy commence à faire les comptes. Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, avance un chiffre.

Quel impact ont les grèves qui se poursuivent à Air France et la SNCF ? Selon le ministre de l’Économie, les différents mouvements de grèves qui durent depuis plus d'un mois à la SNCF, trois mois si on inclut Air France, auraient déjà coûté à notre économie 0,1 point de PIB. Traduit en langage simple, qu’est-ce que cela veut dire ? Le PIB (Produit Intérieur Brut), est la richesse produite par le pays (ses entreprises, son industrie) sur une année. Le PIB de la France s’élève aujourd’hui à environ 2 280 milliards d’euros. Rapide calcul : 0,1% de 2 280 milliards, cela fait près de 2,300 milliards d’euros. 2,3 milliards en moins pour l’économie française, cela serait donc le coût des grèves... jusqu’à aujourd’hui.

Sur quels éléments concrets repose cette estimation ?

Les économistes ont bien du mal à répondre précisément car aucune grève ne ressemble à une autre. Si l’on regarde la grande grève de 1995 qui avait paralysé la France pendant trois semaines entières (on n'était pas dans les grèves en pointillé comme aujourd'hui), l’économie française avait alors perdu à l’époque 0,2 points de PIB, soit entre quatre et cinq milliards d’euros. Voilà pour les chiffres globaux, mais la situation est vécue différemment au quotidien par les entreprises.

Désorganisation de la chaîne de valeurs

Le gros problème, loin des activités touristiques fortement touchées à court terme, c’est la désorganisation de la chaîne de production. Dans certains cas, les pertes ne sont pas recouvrables. Une entreprise qui ne reçoit pas sa marchandise ne peut pas satisfaire son client. C’est une perte sèche directe jusqu’à 40%, voire plus, pour certains secteurs comme les céréaliers, les granulats pour le BTP, etc. Et puis ces grèves interviennent à un moment où surgissent des interrogations sur la croissance économique générale : ralentissement de l’activité en France et en zone euro au premier trimestre, légère baisse du moral des ménages sur la même période. Donc avec les grèves, 0,1 point de PIB en moins peut en cacher un autre.

On verra le décompte final. Quant à l'image d'une France des grèves à répétition qu'auraient les investisseurs, petite note positive tombée vendredi : selon l'Insee, les industriels français relèvent leurs anticipations d'investissements pour cette année : plus 5%, contre 3% en 2017. Preuve que le capital confiance n'est pas encore trop entamé.  

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