Le brief éco. Fusion PSA-Fiat-Chrysler : pourquoi Bruxelles ouvre une enquête approfondie

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La fusion PSA-Fiat-Chrysler se fera malgré la crise, si toutefois Bruxelles le veut bien. Les trois constructeurs automobiles sont prêts mais la Commission européenne annonce l’ouverture d’une enquête approfondie sur l’opération, sur les questions de concurrence.

C’est le passage obligé pour ce genre de dossier. Face à la concentration d’activités, Bruxelles craint toujours une réduction de la concurrence sur les marchés concernés. En l’occurrence, ici, celui des voitures. C’est l'intraitable Commissaire européenne Margrethe Vestager qui a ce dossier entre les mains. Elle affirme haut et fort qu’elle évaluera "avec soin" si l’opération prévue aura un impact négatif sur ce marché spécifique de l’automobile.

Les craintes

La Commissaire craint que la fusion entre PSA et Fiat-Chrysler ne crée un mastodonte et ne réduise la concurrence sur les véhicules utilitaires légers précisément dans 14 Etats-membres de l’Union (dont la Belgique, la Croatie, la République tchèque, mais aussi la France, l’Espagne, l’Italie, le Portugal). Il est vrai que, dans bon nombre de ces pays, PSA et l’italo-américain Fiat-Chrysler détiendraient ensemble des parts de marché élevées, avec une grande diversité de marques et de modèles.

Réponse des principaux intéressés

Les constructeurs assurent qu’ils vont collaborer autant que possible avec Bruxelles pour répondre efficacement aux questions posées. Mais les deux groupes sont très clairs : ils entendent bien boucler leur projet de fusion d’ici la fin du premier trimestre 2021 pour former le quatrième constructeur automobile mondial. Ils abriteraient sous le même toit Peugeot, Citroën, Opel, DS, Vauxhall, FIAT, CHRYSLER, Jeep, Alfa Roméo, Maserati, Dodge et Ram… Excusez du peu.

Renforcer et conforter l’industrie européenne

Pour cela, il va donc leur falloir passer par les fourches caudines des services de la peu flexible Margreth Vestager. Celle qui trouve le concept de champions européens "très vieille école" avait fait capoter la fusion entre le français Alstom et l’allemand Siemens l’année dernière. Renouvellera-t-elle l’expérience dans un contexte international qui a bien changé depuis un an (l’Europe doit se défendre et renforcer son industrie face à l’appétit d’autres grands groupes internationaux) ? Il lui reste environ quatre mois pour convaincre l’exécutif européen qui tranchera en dernier ressort. La Commission de Bruxelles a jusqu’au 22 octobre pour rendre sa décision.

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