Le brief éco. France-Liban : des liens économiques compliqués par la crise

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La France continue d’investir quelque 600 millions d’euros par an au Liban. 

Alors que le Liban reçoit l’aide du monde entier, à la suite de l'explosion du mardi 4 août, où en est la coopération entre Paris et Beyrouth ? La France reste un partenaire historique du Liban mais son influence sur le plan économique y a beaucoup baissé.

Selon le site du ministère des Affaires étrangères, la France n’est plus aujourd’hui que le 7e partenaire commercial du Liban, loin derrière des pays comme la Chine, l’Italie ou les États-Unis. Sa part de marché s’est réduite à 3,4%, contre 10% il y a encore une vingtaine d’années. Malgré tout, la France continue d’investir quelque 600 millions d’euros par an au Liban, une centaine d’entreprises tricolores y sont encore présentes dans l’agro-alimentaire, les télécoms ou la grande distribution, mais il y a un gros décalage entre cette réalité économique, plutôt restreinte, et les liens culturels, historiques, entre les deux pays, beaucoup plus forts.

La France est souvent là pour aider le Liban

Il y a deux ans se tenait à Paris un grand forum rassemblant les donateurs du Liban, parmi lesquels des monarchies du Golfe. Baptisée “Cèdre”, cette conférence pour développer l’économie et favoriser les réformes dans le pays avait collecté 11 milliards de dollars de financements. Mais à ce jour, ces fonds n’ont toujours pas été débloqués, ils restent suspendus à la signature d’un accord avec le FMI. Et les négociations entre Beyrouth et le Fonds monétaire sont dans l’impasse. À moins que la catastrophe qui vient de se produire n’accélère les choses.

Dialogue délicat

La France a joué la carte du dialogue et la conciliation, même si elle a parfois perdu patience. Comme quand début juillet, Jean-Yves Le Drian lance un appel à se ressaisir aux autorités libanaises avec ce message : “Nous sommes prêts à vous aider, mais aidez-nous à vous aider !”
Le chef de la diplomatie française, de plus en plus critique à l’égard de ses homologues, dénonce alors leur passivité, et exige qu’ils s’entendent avec le FMI.
Il y a quelques jours encore, par solidarité, Paris fait un geste pour les écoles libanaises, elles aussi durement touchées par la crise.15 millions d’euros sont débloqués pour soutenir une cinquantaine d’établissements français et francophones. Parallèlement les programmes de coopération dans le domaine de la santé, de la justice et de la défense sont prolongés. Mais le désastre de cette semaine change encore la donne : il faudra certainement faire beaucoup plus pour sauver l’économie libanaise.

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