Le brief éco. Facebook : le retour de boomerang

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En deux jours, le titre Facebook a perdu 60 milliards de dollars en bourse. Après la chute, le réseau social arrivera-t-il à remonter la pente ? 

Plus qu’un coup de semonce pour Facebook, le scandale de détournement des données personnelles de 50 millions de ses utilisateurs se transforme en tsunami boursier. Le Parlement européen a décidé de se saisir de l'affaire, ainsi qu'une commission parlementaire britannique. Peut-on parler de coup de grâce pour le réseau social ?

On a déjà vu des entreprises perdre beaucoup de valeur en très peu de temps à la bourse et se reprendre très rapidement. Mais cette fois, la chute est sévère. Lundi, à la bourse de New-York, l’action Facebook avait déjà perdu 7%. Moins 2,5% mardi 20 mars. En deux jours, le titre a perdu 60 milliards de dollars (près de 50 milliards d'euros), plus de deux fois la valeur boursière de Renault.

Confortable valeur boursière

Facebook vaut aujourd’hui 490 milliards de dollars en bourse. Avec 60 milliards en moins, on se dit finalement qu’il reste de la marge. Si ce n’est qu’avec cette histoire, c’est la vision ambitieuse de Mark Zuckerberg qui est aujourd’hui sérieusement contrariée. Lui a qui on prête des ambitions politiques aux États-Unis. Aujourd’hui, le réseau possède les données personnelles de quelque deux milliards de personnes. Cela permet aux annonceurs de cibler leurs messages publicitaires, la principale ressource financière de Facebook qui, du coup, voit son business se retourner contre lui comme un boomerang. Les utilisateurs du réseau viennent de s’apercevoir au grand jour qu’ils apportent l’intégralité de leurs données personnelles, leurs centres d’intérêt, leur vie privée, totalement gratuitement à un groupe qui revend toutes ces données très chères à des publicitaires.

Confiance rompue, bénéfices perdus

Les marchés et les investisseurs, se disent qu’à partir du moment où cette confiance est rompue, Facebook n’a plus de valeur intrinsèque. Dès lors, que vaut le réseau social ? C’est donc tout un modèle économique qui vole en éclat. Modèle basé sur la commercialisation de données personnelles. Même George Orwell n’avait pas imaginé tel scénario dans ses romans d’anticipation. Big Brother apparaît comme un enfant de cœur à côté de Mark Zuckerberg. Le jeune patron de Facebook va devoir annoncer rapidement les mesures qu’il compte mettre en œuvre, sur les plans techniques et juridiques, pour mettre un terme à ces pratiques.  Plus loin, le cas Facebook pose la question de la centralisation des données stockées et, surtout, de la régulation de plateformes internet qui, visiblement, n’arrivent pas à maîtriser leur propre métier. Le groupe privé Facebook vient de révéler une brèche dans la démocratie, et la nécessité pour les autorités publiques de la reboucher au plus vite, définitivement.

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