Le brief éco. Covid-19 : la BCE au pied du mur

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Les 25 membres du Conseil des gouverneurs de la BCE devront choisir jeudi entre suivre la Réserve fédérale américaine ou décider de mesures strictement budgétaires.

Que peut bien annoncer la Banque centrale européenne aujourd’hui face à l’épidémie du coronavirus ? La BCE doit présenter jeudi 12 mars, en début d’après-midi, les mesures prises pour soutenir l’économie européenne mise à mal. La BCE promet des mesures appropriées et ciblées 

Les 25 membres du Conseil des gouverneurs de la BCE devront choisir entre suivre la Réserve fédérale américaine (qui a récemment baissé ses taux d’intérêt pour soutenir le crédit et l’investissement) ; ou décider de mesures strictement budgétaires, c’est-à-dire faire tourner la planche à billets, ce qui est jugé plus rapide et plus efficace. Si les Américains ont baissé de 0,5% leurs taux la semaine dernière, c’est qu’ils en avaient la possibilité. En Europe, la situation est différente car nos taux sont déjà pratiquement à 0%, dans certains cas même négatifs. La marge de manœuvre est donc quasi inexistante. On peut quand-même parier sur l’annonce d’une baisse symbolique des taux mais il s’agirait d’un message destiné plutôt à rassurer les marchés financiers.

Les autres outils dont dispose la BCE

Il ne serait pas étonnant que la présidente de la BCE, Christine Lagarde, annonce une accélération de son programme de prêts géants aux banques. Une arme anti-crise idéale qui consiste à accorder aux grandes banques commerciales (BNP Paribas, Société générale…) des prêts à long terme à des conditions très avantageuses pour qu’elles puissent elles-mêmes prêter plus facilement aux entreprises et aux ménages. Elle pourrait également annoncer l'augmentation de ses rachats de dette publiques et privées. Actuellement, la BCE débloque chaque mois vingt milliards d'euros dans ce cadre. Une dizaine de milliards supplémentaires mensuels est possible. Mais, surtout, Christine Lagarde ne manquera pas d’appeler chaque État européen à prendre des mesures ciblées : dégager des budgets de plusieurs milliards d’euros, quitte à dépasser les objectifs de déficits imposés par Bruxelles. Même la chancelière allemande, Angela Merkel, se dit prête à mettre en sourdine la rigueur du zéro déficit. C’est dire combien l’heure est grave.

Christine Lagarde aux commandes

Les choses sérieuses commencent réellement pour Christine Lagarde, qui remplace Mario Draghi à la tête de la BCE depuis le mois d'octobre. C’est la fin de la période d’observation. Place aux actes et aux choix tranchés. Il en va du sauvetage de l’économie européenne et, à terme, de la crédibilité de l’euro face au dollar et au yuan chinois.

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