Le brief éco. Ciel dégagé pour l’aéronautique française, mais…

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Janvier et les traditionnelles cérémonies des vœux. Jeudi, l’industrie aéronautique française présentait ses perspectives. Le président du Gifas, l’organisation patronale qui regroupe les entreprises françaises du secteur, a parlé "d’oasis dans un monde qui craque de partout." Comment  faut-il interpréter ses propos ?

Les cérémonies des vœux se doivent d’être positives mais c’est aussi, et surtout, l’occasion de faire passer certains messages. Quels sont-ils dans le cas du Gifas, l’organisation patronale qui regroupe les entreprises françaises du secteur aéronautique ?

1. Le contexte est plutôt favorable, si l’on en juge par les carnets de commandes : la filière aéronautique française va devoir construire 10 000 avions sur les dix prochaines années.

2. Il n’y a aucun signe qui permette de penser à un moindre début de retournement de cycle.

3. En termes d’emplois : 60 000 personnes ont été recrutées en cinq ans.  Le secteur reste globalement employeur net. À relativiser toutefois avec le plan de restructuration en cours chez Airbus, qui devrait se traduire par 1 000 suppressions de postes en Europe.

Après le satisfecit, le moderato

L’aéronautique est une filière optimiste, mais, car il y a un mais, les branches hélicoptères et aviation d’affaire ne sont pas au meilleur de leur forme, les prix du pétrole n’ont pas fini de faire parler d’eux et la nouvelle administration américaine se met en place. Le match concurrentiel entre Boeing et Airbus va-t-il se durcir ?

Dans ce contexte, le président du Gifas, Marwan Lahoud (directeur de la stratégie d’Airbus) souligne les incertitudes sur le soutien public avec des budgets recherche et défense en baisse.

Les chantiers à venir du secteur aéronautique

Le premier défi sera de concrétiser avec succès la montée en puissance des cadences de production pour pouvoir répondre aux commandes.

Pour reprendre l’expression employée par Patrick Daher, vice-président du Gifas, et patron de la société familiale éponyme qui est un des autres acteurs importants de la filière aéronautique française : les entreprises du secteur vont "Devoir passer du statut de bijoutiers géniaux à de véritables industriels."

Cette montée en puissance se fera grâce l’investissement dans la robotisation et le numérique. Mais sans réelle aides publiques, point de salut. Or, les aides publiques à la recherche dans l'aéronautique ont été divisées par trois depuis 2010. Elles sont passées de 150 à 50 millions d’euros, inversement à certains autres pays européens : 150 millions programmés en rythme annuel jusqu’en 2020 en Allemagne, 190 millions par an jusqu’en 2020 au Royaume-Uni.

Si on ne peut pas tout attendre de l’Etat, le soutien à l’industrie passe aussi par une fiscalité adaptée et non confiscatoire. Message très clair envoyé au futur président de la République.