Le brief éco. Bruno Le Maire à Bercy : l’innovation sinon rien

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

De nombreux dossiers attendent le nouveau ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. Mot d’ordre : la modernisation de l’économie, ce qu'Emmanuel Macron qualifie de «nouveau modèle de croissance ».

L’objectif chiffré, fixé par le président de la République, est un plan d’investissement de 50 milliards d’euros sur cinq ans et, en parallèle, un fonds pour l’innovation de dix milliards d’euros. Dix milliards financés par la cession des parts que l’Etat détient encore au capital de différentes entreprises, pas forcément stratégiques.

Politique d’innovation

Philippe Aghion, Professeur au Collège de France et à Harvard et l’un des référents économiques d’Emmanuel Macron pendant la campagne, se base sur plusieurs chiffres.

Les exportations de la France représentent 30% du PIB (la richesse nationale produite chaque année par nos entreprises), les importations environ 30% également.  Près de la moitié de nos importations sont des composants en provenance, notamment, des pays émergents.

Nos économies sont interdépendantes et pour en limiter les effets indésirables, il faut innover. Il y a les politiques d'incitation – fiscale –, mais aussi l’économie du savoir,  c’est à dire les moyens déployés pour la formation et l’enseignement. Concernant les écoles de haut niveau, dans l’enseignement supérieur,  la France dépense à peine 10 000  euros par an par étudiant. Aux Etats-Unis, ce coût s'élève à 36 000 euros, à 25 000 euros en Scandinavie, en Europe du Nord.

Financement et gouvernance

Il ne sert à rien de dépenser plus s’il n’y a pas de gouvernance. Une bonne gouvernance, outre la réforme de la formation professionnelle, c’est une bonne fiscalité qui encourage l’innovation, la protection sociale comme la généralisation de l’assurance chômage qu’Emmanuel Macron veut étendre à tout entrepreneur, et plus uniquement aux salariés licenciés.

Ne pas aider toutes les entreprises au même niveau, respecter les équilibres entre grandes et petites sociétés. Cela s’appelle une politique industrielle.

Enfin, cette ambition ne saurait se faire sans Europe. D’où la nécessaire réforme des institutions européennes prônée par le nouveau président de la République. C’est à Bruno Le Maire, fin connaisseur des arcanes européennes, que revient de mener cette politique. 

Vous êtes à nouveau en ligne