Le brief éco. Brexit : l’économie britannique destabilisée par la crise politique

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La situation politique compliquée autour du Brexit pèse sur l'économie du Royaume-Uni. Theresa May retourne à Bruxelles cette semaine pour convaincre.

La Première ministre britannique retourne à Bruxelles cette semaine. La situation politique compliquée autour du Brexit pèse sur l'économie du Royaume-Uni.  Theresa May va y défendre le projet d'accord conclu avec l'Union européenne sur le Brexit. Le document de 600 pages a entraîné la démission de plusieurs ministres du gouvernement britannique à la veille du week-end. Une situation politique compliquée qui n’est pas sans conséquence sur l’économie du Royaume.

Après s’être dégradée jusqu’à fin 2017, l’économie britannique a repris quelques couleurs au troisième trimestre de cette année. Reste à savoir si le projet d’accord ficelé entre Theresa May et Bruxelles, présenté la semaine dernière à Londres, va permettre à la croissance du Royaume de tenir. Près de 600 pages et 180 articles doivent être approuvés par les Européens lors d’un sommet en novembre puis adopté par le Parlement à Londres. Une nouvelle période de tensions vient de s’ouvrir. Des incertitudes que détestent les investisseurs.

La croissance se maintient, pas les investissements

L’économie britannique s’est mieux portée ces derniers mois. Entre juillet et septembre, la croissance s’est un peu accéléré. L’été a été marqué par une progression du PIB de 0,6% (après +0,1% au premier trimestre et +0,4% au deuxième trimestre). Pas extraordinaire, mais cela montre que l’économie britannique n’est pas moribonde, contrairement à ce que beaucoup laissaient entendre ces derniers mois. Cette hausse a été portée par la consommation des ménages, avec une inflation qui a marqué le pas.

Mais l’économie du Royaume aurait pu faire mieux. Elle a été freinée par une nette baisse des investissements, un signal totalement contraire et plutôt inquiétant. Des entreprises qui n’investissent plus, ce sont des entreprises qui n’ont pas confiance. Non seulement le repli est sévère mais c’est surtout la troisième baisse trimestrielle consécutive. Pour les instituts de conjoncture, c’est une série noire inédite depuis la crise financière internationale.

La réticence des entreprises à dépenser est directement liée aux incertitudes économiques et politiques relatives au Brexit. Les patrons remettent à plus tard leurs projets d’investissements. Toyota menace de stopper sa production en Grande-Bretagne en cas de Brexit sans accord avec Bruxelles. Idem pour BMW, Jaguar, Land Rover, etc. L’industrie auto est très importante pour l’économie britannique. Le secteur emploie directement plus de 160 000 personnes Outre-Manche et ce marché est très dépendant des autres pays européens vers qui les Britanniques exportent.

Rien n’est gagné pour cette reprise qui pointe le bout du nez en Grande-Bretagne. La situation est d’autant plus déroutante que le chômage augmente et les salaires encore plus. Si les hausses de salaires sont bonnes pour le pouvoir d’achat des Britanniques, il n'en est rien pour l'emploi. Sans être oiseau de mauvais augure, on peut dire que l’incertitude est un poison qui tue lentement. Le parcours du combattant est loin d’être terminé pour Theresa May.

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