Le brief éco. Brexit : comment Eurotunnel a déjà tout prévu

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Quand on parle du Brexit, on pense aussi au tunnel sous la Manche. Getlink, la maison mère d’Eurotunnel, a dû mettre les bouchées doubles pour être prête à temps. Que représente aujourd’hui le tunnel sur le plan économique?

Un peu plus de 25 ans après son inauguration, le tunnel sous la Manche est tout simplement devenu incontournable pour l’économie britannique : il représente à lui seul le quart des échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, soit 140 milliards d’euros de marchandises par an, et quelque 250 000 emplois de part et d’autre du Channel. Une voie de passage cruciale, qui fait l’objet de toutes les attentions depuis que l’on parle du Brexit.

Un divorce préparé depuis longtemps

L’essentiel du travail s’est concentré sur ces deux dernières années qui ont vu la date de sortie repoussée trois fois, laissant – un temps – planer le spectre d’un Brexit dur. Il ne fallait donc rien laisser au hasard pour assurer la fluidité du trafic transmanche, qui représente chaque année 20 millions de voyageurs, 2,6 millions de voitures et 1,6 millions de poids lourds. Pour éviter tout engorgement, l’opérateur a fait une trentaine millions de travaux de part et d’autre du tunnel, pour améliorer ses installations et organiser les formalités de passage d’un pays à l’autre.

Des infrastructures mises en place

On a tout d’abord construit un immense parking de 240 places qui double la capacité d’accueil des voitures et des poids lourds avant leur embarquement dans les navettes ferroviaires. Le nombre de voies de contrôle est passé de 14 à 20, et beaucoup d’argent a été investi dans la digitalisation du processus, avec des caméras qui scannent les plaques d’immatriculation, et du wifi partout. Même dans le tunnel, pour permettre aux routiers en retard dans leurs formalités de régulariser leur situation pendant le transport.

Jeudi 30 janvier, sur franceinfo, le patron d’Eurotunnel disait être prêt pour d’officialisation du Brexit ce soir, mais il voit bien au-delà. Jacques Gounon l’a bien rappelé : rien ne va changer du jour au lendemain, la vie économique des deux côtés de la Manche va se poursuivre comme avant. Ce qui est important c’est en fait la période de transition qui va s’ouvrir maintenant, jusqu’à la fin de l’année, qui va fixer les conditions précises de la sortie du Royaume-Uni, et les accords commerciaux qui vont avec. Et c’est seulement à ce moment-là que l’on commencera à voir le bout du tunnel.

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