Le brief éco. Assurance-vie 2017 : plus risquée et moins bien rémunérée

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L’assurance-vie va connaître de sérieuses modifications cette année. Les épargnants devraient s’en apercevoir assez rapidement car les règles vont changer et la rémunération des placements avec.

Les règles qui encadrent l'assurance-vie et sa rémunération vont évoluer en 2017. Les assureurs vont annoncer la couleur dans les prochains jours et la surprise s’annonce de taille. Jusqu’à présent, les contrats dits "fonds euros" placés dans des obligations d’Etat (l’Etat puise dans cet argent pour financer son déficit budgétaire), qui assuraient un capital garanti, rapportaient autour de 2,3 et 2,6%.

Les rendements vont tomber assez rapidement sous la barre des 2%. Les baisses pouvant atteindre, selon les experts, entre 0,3 et 0,6% courant 2017.

C'est la conséquence directe de la baisse des taux d’intérêt. Les obligations souveraines ne valant plus rien ou presque, il en est de même pour les produits d’épargne placés dans ces obligations. Pour maintenir les rendements des clients ces derniers mois, les assureurs ont puisé dans leurs réserves mais cela ne peut plus durer.

Tout le système est réévalué

Sur le fond et la forme, c’est le mécanisme qui est revu pour sécuriser l’édifice. En réalité c’est une fusée à deux étages. Premier étage : la baisse de rémunération attendue cette année, accompagnée d’un nouveau système de fonctionnement.

L’assureur-vie est en train de transférer progressivement les placements des obligations d’Etat (les fonds euros) vers les fonds UC (unité de compte) qui ne sont autres que des actions en bourse. Autrement dit, l’épargnant en assurance-vie devient progressivement actionnaire. Les fonds UC sont plus rémunérateurs mais aussi plus risqués.

Des dispositions dictées par Bercy

En réalité, toutes ces dispositions sont inscrites dans la Loi Sapin II. Elles ont été validées début décembre par le Conseil constitutionnel. Et c'est le deuxième étage de la fusée : cet encadrement de l’assurance-vie par Bercy se fera à travers une nouvelle structure baptisée HCSF (haut conseil de stabilité financière), structure présidée par le ministre des Finances en personne, qui aura le pouvoir de retarder, limiter ou tout simplement suspendre les retraits de fonds par les épargnants en cas de risques de "menace grave et caractérisée pour la stabilité du système financier".

L’Etat prend les devants face à un système financier qui reste vulnérable et vole au secours des assureurs-vie. 2017 ne sera plus comme avant, dirait si bien M. de la Palisse.