Le brief éco. Airbus, les défis du futur nouveau patron

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Guillaume Faury va succéder à Tom Enders à la tête d'Airbus. C'est une promotion interne car il était le patron des activités avions commerciaux du groupe. De gros dossiers l'attendent.

Airbus aura un nouveau patron à partir du mois d’avril. Lundi 8 octobre, le conseil d’administration du groupe aéronautique européen a désigné Guillaume Faury pour succéder à Tom Enders. Guillaume Faury connaît bien l’entreprise de l’intérieur, ce qui est précieux car il a du pain sur la planche

Président d’Airbus Commercial Aircraft (la branche aviation commerciale du constructeur aéronautique) depuis février, Guillaume Faury dirigeait auparavant la branche hélicoptères qu’il a su redresser au moment où le marché mondial chutait. Ce changement est annoncé alors qu’Airbus est toujours secoué par des turbulences internes. Départs et remplacements se sont multipliés ces derniers mois jusque dans les hautes sphères de l’entreprise. Au moment, aussi, où l’avionneur fait l’objet d’investigations du Parquet National Financier à Paris, et de l’équivalent en Grande-Bretagne, pour des irrégularités sur des transactions. Il fallait donc envoyer rapidement un signal, à la fois aux clients et aux marchés financiers.

Les gros dossiers qui attendent le nouveau patron

Le premier chantier, dont découlent beaucoup d’autres, est celui du management. Il faut réorganiser, renouveler, rajeunir, pacifier et préparer direction et équipes pour les 10 à 20 prochaines années (Airbus, ce sont près de 130 000 collaborateurs dans le monde). Il va lui falloir aussi redresser la rentabilité du groupe en modernisant l’outil de production. Tout cela pour produire plus et mieux. D’une bonne soixantaine d’A320 fabriqués par mois, le groupe voudrait dépasser les 70 dans les 10 prochaines années. L’A320 se vend bien et fait d’Airbus le leader sur les moyen-courriers. L'ultime enjeu est de damer le pion au grand concurrent Boeing qui s’apprête à lancer un nouveau programme d’avions.

Guillaume Faury est-il l’homme de la situation ?

Âgé de 50 ans, ingénieur, diplômé de polytechnique, lui-même pilote, il représente la jeune génération de dirigeants plongés dans le digital, le numérique, et qui a fait ses armes dans d'autres aventures industrielles, notamment dans l’automobile chez PSA Peugeot-Citroen. Il connaît très bien le secteur de la défense. Et puis, la justice ne peut pas lui reprocher quoi que ce soit dans les enquêtes en cours pour corruption puisqu’il n’était pas dans l’entreprise à l’époque des faits entre 2008 et 2013 (il était alors chez PSA Peugeot Citroën). Enfin, il a obtenu le blanc-seing de la chancelière allemande Angela Merkel, ce qui est important quand on est appelé à piloter un groupe européen au coeur d’enjeux industriels finalement, aussi, très politiques.

Vous êtes à nouveau en ligne