Le billet vert. Y aura-t-il un avant et un après Lubrizol et son incendie ?

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Deux semaines après l'incendie qui a ravagé l'usine Lubrizol à Rouen, le 26 septembre dernier, une commission d'enquête s'est mise en place. Des interrogations subsistent sur la pollution et l’origine de l’incendie. 

Deux semaines après l’incendie qui a ravagé l’usine Lubrizol, à Rouen, une commission d’enquête s’est en mise en place, des interrogations subsistent sur la pollution et l’origine de l’incendie.

9 000 tonnes de produits partis en fumée

Dans ce site pourtant classé Seveso, plus de 5 000 tonnes de produits chimiques sont parties en fumée, sans compter son voisin Normandie Logistique, non classé Seveso, mais qui stockait pourtant plus de 4 000 tonnes de produits. Lubrizol, un bel imbroglio à dénouer entre les deux entreprises d’une part, et l’administration d’autre part.

Si on reprend la chronologie des événements, il y a d’abord le démarrage du feu dans la nuit du 26 septembre dernier. 20 minutes plus tard, on sait qu’on ne pourra pas le sauver, mais on tente de circonscrire le feu et on évite l’embrasement des sites voisins. Le but est également de ralentir la propagation des fumées toxiques ainsi que la pollution des sols.

Mais en amont de tout cela, il y a des règles strictes comme par exemple une inspection tous les ans, des formations et des mises à jour régulières et obligatoires, des registres à jour sur la qualité et la quantité de matières toxiques.

Il existe des extincteurs automatiques, comme les sprinklers, et même des canons à neige à déclenchement automatique, mais apparemment insuffisants lors de cet incendie, en nombre et en débit. Dans les cas extrêmes comme à Fukushima, on envoie même des robots pour ne pas risquer la vie des pompiers.

En Europe il y a 11 000 sites Seveso, déclarés par les 27 pays membres

On estime que "deux millions et demi de Français vivent à moins d’un kilomètre d’un site Seveso, et plus de 600 000 à moins de 500 mètres" soulignait le site du Monde.fr le 4 octobre. Cette liste des 11 000 sites Seveso est consultable et un retour d’expérience de tous les incidents devrait réduire et anticiper les accidents qui se chiffrent à une quarantaine par an. Par ailleurs comme pour les centrales nucléaires, des simulateurs apparaissent qui permettent des formations accélérées et des mises à jour dans les formations.

L’association Robin des Bois fondée en France en 1985 par des pionniers de la défense de l'environnement, parle de catastrophe post-accident, une marée noire atmosphérique dont les résidus persistants et toxiques peuvent être dangereux pour l'environnement et la santé humaine. Mais cette fois-ci on semble prendre les choses beaucoup plus au sérieux.

Lubrizol : "un cas d'école, une catastrophe post-accident" selon l'association Robin des Bois

D’après l’association Robin des Bois, "Dans le cas particulier de Lubrizol, c'est un cas d'école et il a été décidé de créer une cellule post-accident technologique et donc, l'application de cette circulaire. Il est appréciable qu’on ait publié l'inventaire des matières incendiées chez Lubrizol, même s'il y a encore des zones d'ombre en particulier dans les entrepôts voisins de Normandie Logistique.

Cette communication est une première dans l'accidentologie industrielle. L'inventaire Lubrizol est parfois difficile d'accès mais il constitue une masse documentaire qui sera utile pour mieux comprendre les différents impacts de cette catastrophe."

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