Le billet vert. Pourquoi les chasseurs veulent-ils faire payer Luc Besson?

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La décision du Tribunal d'instance d'Arentan doit régler jeudi le litige entre Luc Besson et la Fédération de chasse de l'Orne. Elle reproche au cinéaste de laisser proliférer les cervidés sur son domaine.

On attend de connaître, jeudi 26 décembre, la décision du tribunal d'instance d'Argentan en Normandie dans l'affaire qui oppose Luc Besson à la fédération des chasseurs de l'Orne. Elle réclame plus de 130 000 euros au cinéaste, l'accusant d'avoir laissé proliférer les cerfs sur sa propriété et de refuser de les chasser.

"On n'a jamais vu un cerf porter la marque Luc Besson sur sa fourrure", résumait ainsi à l'audience un voisin du cinéaste pour expliquer le conflit qui l'oppose aux chasseurs. Si cette phrase peut prêter à sourire, elle est en fait au coeur du point de droit qui doit être tranché. Il va falloir déterminer si les cerfs présents sur le domaine de 160 hectares de Luc Besson à la Trinité des laitiers, au nord d'Alençon, sont bien ceux qui ont occasionné des dégâts sur les parcelles agricoles du département de l'Orne, alors qu'il y a une forêt de plus de 6 000 hectares juste à côté.

Les chasseurs indemnisent les agriculteurs

La loi impose aux fédérations de chasseurs l'indemnisation des agriculteurs pour les dégâts que les sangliers, les cerfs ou les chevreuils provoquent dans les champs quand ils les piétinent ou quand ils mangent les récoltes. Cette disposition est maintenant au coeur d'un vif conflit, pas seulement entre Luc Besson et les chasseurs mais entre agriculteurs et Fédérations de chasse. Ces dernières ne veulent plus assumer les 40 millions d'euros d'indemnisation qu'elles doivent chaque année au monde agricole. Leur président demande l'évolution de la loi. La Fnsea, le principal syndicat d'agriculteurs, accuse aussi les chasseurs de ne pas en faire assez, notamment en épargnant les femelles et leur petits ou alors en nourrissant les sangliers pour les attirer dans leur zone de chasse. Les chasseurs eux disent qu'ils ne peuvent plus suivre, que les sangliers se sont multipliés par 20 et les cerfs par 10 en 40 ans. En plus, il y a de plus en plus de maisons, de plus en plus de promeneurs, il est trop dangereux d'utiliser des armes à feu en zone périurbaine.

40 millions d'euros d'indemnisations à partager ? 

Pour responsabiliser les fédérations, le gouvernement a demandé à ce que chacune paye pour les dégâts du grand gibier sur son territoire, alors qu'avant un pot commun payait pour tout le monde. Certaines fédérations râlent, parce qu'elles perdent plus de moyens. Les chasseurs aimeraient bien aussi que d'autres mettent la main à la poche: les assurances des agriculteurs par exemple. Quant à la Fnsea, elle préconise de tirer tous les animaux même les femelles et de pièger ceux qui sont trop proches de villes. 

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