Le billet vert. Mayotte évite le cyclone Belna

La saison des cyclones vient de démarrer dans l'océan Indien. Ils atteignent des pays pauvres où les habitations et les infrastructures sont fragiles.

Le cyclone Belna a finalement épargné l'île de Mayotte mais il se dirige vers Madagascar. Ce phénomène d'une intensité exceptionnelle est passé à une centaine de kilomètres du territoire français. La saison des cyclones vient juste de démarrer dans l'océan Indien.

C’est un peu une roulette russe, si l’œil du cyclone vous touche, cela peut faire de gros dégâts, les autorités suivent donc sa vitesse de déplacement, la température de l’océan qui le charge d’énergie et ensuite c'est quitte ou double pour les habitants. Dans cette partie du globe, la saison des cyclones débute mi-novembre pour se finir en avril. Celle de l’an dernier était l'une des plus actives depuis celles de 93 et 94, avec une dizaine d'épisodes. Pour autant, les experts du climat ne prédisent pas plus de cyclones dans l'océan indien à l'avenir mais ils voient que ces trente dernières années leur intensité s'est déplacée vers le sud : donc sur Mayotte, Madagascar et le Mozambique.

De gros dégâts sur un habitat précaire

Plus difficile de faire face aux pluies diluviennes et aux vents violents pour les bidonvilles de Mamoudzou à Mayotte ou quatre maisons sur dix sont en tôle ou en bois. Installées sur des coteaux abrupts, elles sont plus exposées aux risques naturels. Les fortes pluies entraînent des glissements de terrain et les maisons en tôle ou en bambou, appelées banga, en bord de mer sont balayées plus facilement par les vagues. D’autant que la mer monte avec le réchauffement. Mais le problème pour les autorités est aussi de convaincre les habitants de quitter leur maison fragile pour aller se mettre à l’abri. Ils ont peur des vols et n’ont pas forcément le souvenir de grande tempête sur l’île. Le dernier cyclone Kassymi à avoir touché Mayotte date de 1984.

Protéger les infrastructures essentielles

Pour pouvoir se relever plus vite de ces tempêtes, les villes tentent de construire avec l'aide internationale des bâtiments plus résistants notamment pour les hôpitaux ou les écoles. Au Mozambique, les élèves de l'école primaire de Beira (sur la côte sud) ont cours en plein soleil. Leur salle de classe a encore ses quatre murs, mais les fenêtres n’ont plus de vitres et le toit en tôle a été arraché. Il pend sur un côté après le passage de deux cyclones cette année. Dans leur groupe scolaire, un seul bâtiment a résisté. Il avait été inauguré quelques mois avant les tempêtes et construit avant grâce au programme ONU habitat pour qu’il soit plus adapté : faible prise au vent du toit, protection des ouvertures, ruissellement des eaux de pluie. Et il a tenu. Cette semaine à la COP25 à Madrid, il est justement question des dommages causés par ces phénomènes climatiques extrêmes qui touchent déjà les pays les plus pauvres. Avant de savoir si la planète sera plus chaude de 2°C ou de 3°C demain, ils demandent de l'aide pour adapter en particulier leurs écoles aux tempêtes de l'océan Indien.

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