Le billet vert. L’agriculture du futur : moins de chimie, plus d'innovations technologiques

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Machines agricoles, drones, intelligence artificielle, mais aussi appauvrissement des sols, cultures intensives : à la veille des élections municipales, politiques et agriculteurs réfléchissent à l'agriculture de demain. 

Le salon de l’agriculture qui vient d’ouvrir ses portes à Paris, porte de Versailles, est un rendez-vous incontournable pour le public (600 000 visiteurs sont attendus jusqu’au 1er mars), mais aussi à la veille des élections municipales, pour les politiques et les agriculteurs.  

Un problème générationnel  

Si la France a conservé son statut de première puissance agricole européenne, avec une production estimée à 73 milliards d’euros, c’est grâce à la productivité, car dans le même temps, le nombre d'agriculteurs aujourd’hui d’environ 450 000, est en baisse de 2% par an.

Comment expliquer cela ? Tout d’abord, le salaire moyen d’un agriculteur de 1.300 euros n’attire pas forcément les jeunes. Ensuite, les pesticides et les OGM sont de plus en plus contestés. Mais une nouvelle génération d’agriculteurs qui utilise l’intelligence artificielle pourrait bien changer les choses. Des bases de données qui tiennent compte de la configuration des terrains, de la qualité des sols, des prévisions météorologiques, viennent au service d’une agriculture raisonnée.  

L’intelligence artificielle comme solution durable 

Les drones sont un exemple : des engins volants pour surveiller, et des robots rampants pour couper les mauvaises herbes, traiter, et collecter.  

On a voulu un robot qui soit les bras de l’agriculteur pour la partie désherbage mécanique, on a aussi voulu lui donner des yeux, une caméra à double optique. Elle va compter des pieds qui vont être prêts à récolter, et ensuite des capteurs vont mesurer la température du sol, le pourcentage d’eau dans le sol, où se trouvent ces mauvaises herbes. L’idée, c’est de pouvoir fournir un rapport à l’agriculteur, et donc de diminuer ses intrants.

Société Carré, spécialiste sur le marché du désherbage

Les tracteurs eux ont aussi fait d’énormes progrès. Ils peuvent tourner au méthane - lui-même fabriqué à la ferme, grâce à la fermentation des déchets végétaux - et être autonomes, en suivant une trajectoire au centimètre près, de jour comme de nuit.  

"Autonome, précis, multifonction, les tracteurs sont devenus polyvalents. La vitesse moyenne du semis du maïs est environ 8 km/h, et bien là, on fait plus que doubler la vitesse tout en gardant la précision", souligne Étienne Vicario, ancien directeur chez John Deere.  

Des preuves à faire  

Mais la technique ne résout pas tout pour tout le monde. Seulement 30 millions d’agriculteurs utilisent un tracteur dans le monde face aux 300 millions qui utilisent encore la traction animale.  

Un paysan me disait, moi j’ai testé la motorisation, quand je prends des bovins, au bout de trois ans je les revends en doublant la mise, et quand je prends un motoculteur j’ai un tas de ferraille et beaucoup de dettes. 

Philippe Lost, agroéconomiste

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