Le billet sciences. Vers un long démantèlement pour la centrale nucléaire de Fessenheim

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La centrale nucléaire de Fessenheim ne produit plus d'électricité pour le réseau depuis lundi. Après 43 ans de fonctionnement, il reste encore des étapes avant de trouver un avenir au site industriel.

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La centrale nucléaire de Fessenheim, doyenne des centrales en fonctionnement, s'est donc arrêtée, lundi 29 juin. Sa puissance a été réduite à 8% puis elle a été découplée du réseau électrique avant d'arrêter le réacteur. La centrale alsacienne de Fessenheim va maintenant être démantelé et cela va prendre au moins 20 ans parce qu'arrêter une centrale, ce n'est pas fermer la grille de l'usine en laissant les clés sur la porte. Cela prend du temps. Un des deux réacteurs de Fessenheim a été mis à l'arrêt dans la nuit du lundi au mardi 30 juin, l'autre avait été stoppé en février.

Après avoir laissé redescendre la pression, les opérateurs pourront ouvrir la cuve et évacuer les combustibles, le carburant de la centrale, ce qu'il y a de plus chaud, pour le mettre dans une piscine de refroidissement à côté du réacteur. Il va falloir attendre trois ans au moins avant d'évacuer ce combustible vers l'usine Orano de La Hague, en Normandie, pour le mettre dans des colis vitrifiés de déchets radioactifs. A ce moment-là, 90% de la réactivité quittera le site de Fessenheim.

Démantèlement des REP : une expérience connue

Les réacteurs de Fessenheim, sont de type à eau préssurisé (REP) et des réacteurs de ce type ont déjà été démantelés en Allemagne, aux États-Unis, en Italie. En France, EDF a déjà bien avancé dans le démantelement du réacteur de Chooz dans les Ardennes. Il doit finir de découper la cuve en 2022. Chooz a un réacteur un peu plus petit mais de même type que Fessenheim. Il a la particularité d'être dans une caverne dans une colline. Démanteler Chooz aura pris trente ans. Pour Fessenheim, l'opérateur table sur vingt ans. Une fois, les combustibles évacués, il va falloir démonter et découper le matériel, les tuyaux, les alternateurs, les générateurs de vapeur puis la cuve. Ensuite, il devra assainir le site et démolir les batiments pour ce que l'on appelle le "retour à l'herbe".

Un avenir industriel pour le site

Le "retour à l'herbe" est une expression dans le jargon du nucléaire mais honnêtement, personne ne compte aujourd'hui faire de l'agriculture ou reconstruire des logements sur un ancien site nucléaire comme Fessenheim. EDF estime qu'à la fin de son démantèlement, le niveau de radioactivité sur le site sera très bas, pour pouvoir y installer d'autres activités industrielles. Un projet de technocentre sur les pratiques du démantelement pour vendre son savoir faire aux voisins allemands ou belges qui ont décidé de stopper le nucléaire, est en cours de discussion.

En Italie, certaines anciennes centrales sont converties en musée pour le tourisme industriel, en Allemagne, la centrale de Greifswald sur les bords de la Baltique se spécialise dans la gestion des déchets de démantèlement mais tente aussi une reconversion d'une partie du site en usine de fabrication d'éoliennes et en maintenance pour les bateaux de plaisance.

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