Glyphosate : l'Anses préfère une liste d'exceptions plutôt qu'une interdiction totale

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L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) réduit l'utilisation du glyphosate en France. Le président Français Emmanuel Macron avait promis sa suppression d'ici trois ans, mais certaines exceptions sont maintenues, quand il n'y a pas d'alternatives possibles.

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L'Anses a donc publié le 9 octobre la liste des cultures où il ne sera plus possible d'utiliser cet herbicide. Le glyphosate, c'est donc terminé entre les rangs des vignes, des vergers, quand les agriculteurs labourent leur champ ou encore pour dévitaliser une souche d’arbre en forêt. Pour interdire ou non l'utilisation de l'herbicide, l'agence regarde en fait s’il y a une alternative non chimique. L'objectif est de ne pas interdire un herbicide pour qu'il soit remplacé par un autre. Ces interdictions, c’est une sorte de révolution dans les autorisations des pesticides.

Mais attention, le glyphosate reste autorisé dans certaines situations. Par exemple, pour les vignes sur des sols caillouteux, lorsqu'elles servent de porte greffe ou si elles sont trop en pente pour laisser passer un tracteur. Même chose en Corse quand les vignes très pentues peuvent être désherbées par des brebis, la méthode n'est pas imposée, le glyphosate reste autorisé. En arboriculture, les producteurs de noix et noisettes pourront eux aussi continuer d'utiliser l'herbicide. Pareil pour ceux qui produisent des fruits rouges. 

Réduction des doses maximales autorisées

Finalement, est-ce que ça va vraiment changer l'usage de l'herbicide en France ? Oui, par exemple pour la vigne, puisque l'Anses restreint aussi les doses maximales autorisées, de 60 à 80%. Elle vont baisser de 2 800 g par an et par hectare à 1 080 g. En revanche ce sera moins visibles pour les grandes cultures, les exploitants utilisant déjà moins que ce à quoi ils ont droit. 

Difficile donc de savoir si ça va vraiment réduire les 8 500 tonnes de glyphosate achetées par les agriculteurs en 2018. Mais on voit bien, pour l’Anses comme pour le gouvernement, que l’idée est d’éviter ce qui se passe en ce moment avec les néonicotinoïdes : interdire une substance pour revenir sur cette interdiction quatre ans après. Aujourd'hui, on garde une longue liste d’exception avec toute la difficulté de son interprétation et de son contrôle sur le terrain ensuite.

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