Des surfeurs équipés de capteurs chimiques des eaux de baignade pour en mesurer la qualité

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Selon la carte de l'Agence européenne de l'environnement, 93% des eaux de baignade sont de bonne qualité. Ce résultat se base sur la qualité bactériologique de plus de 22 000 plages dans une trentaine de pays. Mais aujourd'hui, la recherche tente d'en savoir plus sur la qualité physico-chimique de l'eau.

Si vous n'avez pas encore choisi votre destination de vacances, sachez que c'est à Chypre que l'on trouve les eaux de baignade les plus propres, selon le classement de l'Agence européenne de l'environnement. Sur cette île, 100% des plages ont été testées et qualifiées d'excellentes. Chypre est suivie par l'Autriche où les lacs et les rivières font aussi parti du palmarès.

En tout, l'Agence regarde les analyses bactériologiques de plus de 22 000 plages dans une trentaine de pays. Les critères sont stricts pour repérer des agents pathogènes qui peuvent provoquer des conjonctivites, des otites ou des gastroentérites. S'il en a trop dans l'eau, la plage est tout bonnement fermée par les autorités sanitaires. La France n'est que 19e du classement avec 78 sites sur plus de 3 000 considérés comme insuffisants. L'été dernier, plusieurs plages ont été fermées principalement en Bretagne, quand après de fortes pluies les réseaux d'eaux usées ont débordé et fini dans la mer. 

Bonne qualité bactériologique mais pas physico-chimique

Ce classement n'a pas beaucoup changé ces dernières années. Il faut dire qu'il a été mis en place afin de vérifier le respect d'une directive européenne vieille de plus de 30 ans. Elle demandait à tous les pays d'améliorer la qualité des eaux pour éviter que les baigneurs ne tombent immédiatement malades après avoir bu la tasse. Elle a permis d'installer des stations d'épuration. Cela permet aussi de pouvoir se baigner en ville, comme à Vienne ou Berlin mais pas encore à Paris.

En revanche, il y a une autre directive européenne qui date de 2000 et qui demande aussi aux pays européens de limiter la présence de dizaines de substances chimiques (pesticides, métaux lourds, hydrocarbures) mais là, cela avance beaucoup moins vite. D'autant qu'on ignore les effets de ces polluants sur notre santé.

Des surfeurs sentinelles de l'environnement marin

S'il y a de nombreuses études sur la présence de métaux lourds dans des poissons et sur la présence de plastique dans les hauts fonds, savoir ce qui se passe pour notre santé quand nous nous baignons dans une eau avec des métaux lourds ou quand nous mangeons des poissons nourris aux micro-plastiques reste un champ de recherche à explorer.

C'est pourquoi l'Ifremer et l'université de Bordeaux vont lancer cet été avec l'association Surfrider fondation, une opération de sciences participative originale. Une dizaine de surfeurs bénévoles équipés de capteurs chimiques vont servir de "sentinelles" de la pollution sur différents spots, de la Bretagne à la Méditerranée, explique le responsable de l'association au magazine Sciences et Avenir. Une façon de connaitre le niveau d'exposition des humains à ces pollutions pour pouvoir mieux évaluer les risques pour la santé. 

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