Le billet sciences. Les poissons migrateurs, des espèces en danger

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La journée internationale consacrée aux poissons migrateurs ce samedi 24 octobre met en évidence la nécessité de comprendre et de protéger des espèces en danger, qui pour certaines sont dotées d'un système de navigation lié à l'astronomie et à la lumière du ciel la nuit. Comme le cerveau des saumons par exemple. 

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Hier samedi 24 octobre, c’était la journée mondiale des poissons migrateurs, notamment prévue le 25 octobre, mais avancée d'un jour en raison du Covid. L’occasion de comprendre et de protéger ces espèces en danger.

Les raisons de la migration

On connaît ces poissons qui remontent les cours d’eau après avoir franchi des milliers de kilomètres. Ce qu’on connaît moins, ce sont les raisons de ce phénomène cyclique.  

Ils doivent quitter un endroit où ils sont moins bien qu’auparavant, parce que le milieu est trop pollué mais aussi pour des raisons de nourriture et de reproduction. 

Gilles Boeuf, président honoraire du Muséum d'Histoire naturelle

Et le plus fascinant, c’est leur mode de navigation dans l’eau. On a trouvé une sorte de compas magnétique dans le cerveau des saumons, ainsi qu’un système de navigation "astronomique".  

Les saumons sont capables de recevoir des informations lumineuses, du ciel, la nuit. 

Et une fois l’océan traversé, il faut retrouver la rivière où ils sont nés. "L’approche finale, c’est la chimie, précise Gilles Boeuf. Le saumon reste dans la rivière d’où il vient ; des frères génétiques relâchent des molécules en permanence qui agissent comme des phares pour son retour. Si on stérilise la rivière, il ne peut pas revenir." 

L’humain a aussi beaucoup à apprendre sur l'adaptation des poissons migrateurs pour passer de l’eau douce à l’eau de mer, et inversement.

L’eau du poisson sort par sa branchie pour diluer l’eau de mer. Il boit en permanence. En eau douce, c’est l’inverse, il fait pipi en permanence !

Gilles Boeuf

Beaucoup d’intelligence. Mais leurs performances sont tout aussi étonnantes, comme leur propulsion plus efficace que nos hélices. Ou encore ces thons ou espadons qui filent à 100 km/h, dans un milieu 800 fois plus dense que l’air, avec, il est vrai, une peau tellement lisse, qu’elle a été copiée pour les sous-marins et les combinaisons de nageurs !

Des espèces migratoires en grand danger

Pendant trop longtemps, leur pêche était hors de contrôle :

En 1800, on pêchait en France 3 000 tonnes de saumons sauvages. Aujourd’hui, ce n’est même pas 30 tonnes. Et surtout la surpêche aux estuaires : on les attrapait juste avant leur reproduction, ce qui est débile !

Gilles Boeuf

Sans oublier les nombreux barrages sur nos cours d’eau, et malgré les passes à poissons, les ascenseurs - et même des aspirateurs à poissons ! – empêcher leur migration les mènent à une mort certaine et, à grande échelle, une disparition de ces espèces. "Quand on voit comment on traite le vivant, j’ai honte en fait", ajoute Gilles Boeuf. Aurons-nous le temps de percer tous leurs secrets avant qu’ils ne disparaissent ? C’est une vraie question…  

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