Le billet sciences. Le bambou, un matériau ancestral et écologique qui revient en force

La journée internationale du bambou a eu lieu ce vendredi 18 septembre, un matériau ancestral qui revient en force, car écologique.

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Bien connu des pays d’Asie du Sud-Est, le bambou est de plus en plus à la mode dans nos sociétés. À l’occasion de la journée internationale du bambou, qui a eu lieu le 18 septembre, Gérard Feldzer nous rappelle les bienfaits variés de cette ressource.  

Une alternative aux matières plastiques   

Utilisé depuis plus de 6 000 ans en Asie, le bambou est aujourd’hui en plein essor à travers le monde. De plus en plus présenté comme une alternative au plastique, dont on estime que 5 000 milliards de morceaux polluent les océans, le bambou est partout : dans nos brosses à dents, nos couverts composables et notre mobilier. Pour Michel Abadie, président de la World Bamboo Organization, le bambou est une plante vraiment de modernité, parce qu'elle est écologique. 

Cette plante absorbe du CO2 et elle permet la production de fibres naturelles d’une extrême qualité. Elle est aussi économique, car elle permet à des tas de pays en voie de développement d’utiliser des ressources naturelles.   

Michel Abadie, président de World Bamboo Organization

Une ressource naturelle renouvelable aux nombreux bienfaits écologiques

Le bambou est une espèce naturelle très rapidement renouvelable. Sa croissance rapide est inégalée dans le monde (elle peut aller jusqu’à un mètre par jour). Le bambou présente aussi de nombreux intérêts écologiques : 1 hectare de bambou diffuse plus de 50 km de racines qui absorbent le CO2, et luttent contre l’érosion, et ses feuilles étroites sont propices à une meilleure irrigation des sols.

Avec les effets du changement climatique, le bambou a cette capacité de stocker 35% de carbone et de relâcher 35% d’oxygène de plus que les forêts.    

Michel Abadie

La nécessité d’une exploitation durable de la ressource  

Comme toutes les ressources, le bambou doit être exploité de manière responsable. Il faut éviter la monoculture massive très dommageable pour la biodiversité et les sols, et qui pourrait entraîner la déforestation d’autres espèces.

Afin de lutter contre cette tendance, le bambou est utilisé pour repeupler des zones ravagées par les déforestations et rétablir ainsi rapidement des puits de carbone et des émissions d’oxygène. C’est dans ces conditions que le bambou pourra constituer une solution durable.  

\"Yves Marre, navigateur solidaire\", un livre préfacé par Erik Orsenna
"Yves Marre, navigateur solidaire", un livre préfacé par Erik Orsenna (ISABELLE LE GOFF EDITIONS)

L’idée du navigateur Yves Marre : un exemple concret de l’utilisation de cette ressource

Yves Marre navigue depuis un quart de siècle sur le fleuve Brahmapoutre au Bangladesh avec son bateau-hôpital où plus de deux millions de personnes ont été soignées. Vous pouvez suivre son aventure ici.

Aujourd’hui, il démarre une nouvelle activité basée sur le développement de bateaux en bambou.  

Le Bangladesh possède environ un million de bateaux, la plus grande flotte du monde. Après chaque cyclone, des centaines d’entre eux sont détruits. Je travaille actuellement à la mise au point de bateaux en bambou, car il est plus solide que l’acier, et sa signature carbone est excellente pour la planète. Ce matériau, produit sur place, permettra entre autres de faire vivre un orphelinat dans la zone des minorités ethniques, près de la frontière birmane, où je me trouve actuellement.

Yves Marre, navigateur
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