Le billet sciences du week-end. Un robot nettoyeur dans nos ports contre la pollution marine

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Cet été, Gérard Feldzer nous présente les nouvelles technologies qui nous permettront de mieux vivre dans un monde durable. Pour lutter contre la pollution marine, un petit robot électrique sillonne nos ports et ramasse nos déchets.

Chaque seconde, 634 tonnes de déchets, plastiques et autres, sont déversées dans les océans et les mers. Cela représente 20 milliards de tonnes par an, dont 80% proviennent de déchets terrestres. 

Selon l’explorateur Jean-Louis Etienne, "L’océan est aujourd’hui menacé de notre irrespect. Ses matières plastiques se décomposent, deviennent des petites particules de plastique sur lesquelles se développe le phytoplancton. Ces herbes planctoniques sont la base de la vie. Elles sont mangées par le zooplancton, qui est lui-même consommé par la crevette, puis par le poisson. Le plastique entre alors dans la chaîne alimentaire", explique Jean-Louis Etienne.

Au moins 1 800 milliards de déchets plastiques polluent actuellement les océans. Ils se concentrent  dans des gyres océaniques, ces points de rencontre de plusieurs courants marins. Le plus important d’entre eux, connu sous le nom de “septième continent” se situe dans le Pacifique Nord. Il s’étend sur une superficie égale à trois fois celle de la France. On y enregistre une concentration de plus de 300 000 fragments de plastique au km2.  

Un robot contre un continent de plastique

Les ports constituent l’un des derniers remparts avant l’immensité de l’océan. La société Iadys apporte ainsi sa pierre à l’édifice de la lutte contre la pollution marine. Elle a développé des robots nettoyeurs, appelés Jellyfishbot.

Je pratique la voile et la plongée sous-marine depuis que je suis jeune.  A chaque fois que je partais d’un port, je remarquais qu’il y avait énormément de déchets. En parallèle, j’ai fait un doctorat en robotique sous-marine. C’est de là qu’est née l’idée de concevoir un petit robot électrique équipé d’un filet à l’arrière et qui se déplace à la surface de l’eau pour ramasser tout ce qui est en flottaison.

Nicolas Carlési, créateur du Jellyfishbot

Cette solution a déjà séduit plusieurs ports, dont celui de la ville de Cassis. Grâce aux filets d’une capacité de 80 litres du Jellyfishbot, le port a pu collecter 3 tonnes de déchets en 2020.  

Le robot Jellyfishbot, grâce à son filet d’une capacité de 80 litres, oeuvre pour la propreté des ports, mais aussi des océans. 
Le robot Jellyfishbot, grâce à son filet d’une capacité de 80 litres, oeuvre pour la propreté des ports, mais aussi des océans.  (BORIS HORVAT / AFP)

Les hydrocarbures, une préoccupation majeure  

Qu’ils soient issus du dégazage des pétroliers, des marées noires ou encore des retombées par la pluie, les hydrocarbures participent à la pollution marine et sous-marine. Le robot Jellyfishbot apporte, là encore, une solution.  

"On s’est rendu compte qu’on était également confronté à des problèmes d’hydrocarbures dans les ports. Est alors venue l’idée de mettre des matériaux absorbants dans le filet du robot, pour capter ces hydrocarbures entre 30 et 40 litres d’hydrocarbures par filet, précise Nicolas Carlési.

Le mot de la fondation Solar Impulse 

"Nous connaissons tous le drame de la pollution due au plastique et aux hydrocarbures, tant d’un point de vue économique qu’écologique. La solution idéale serait de réduire cette pollution à la source. En attendant, des robots nettoyeurs ou des substituts au plastique sont les bienvenus. La fondation Solar Impulse soutient toutes ces initiatives", souligne Bertrand Piccard, président de la fondation Solar Impulse.  

D’autres solutions complémentaires existent pour lutter contre la pollution marine. Paptic, société labellisée Solar Impulse, propose ainsi des emballages biodégradables pour remplacer le plastique ou le carton par des matériaux plus respectueux de l’environnement. Une solution prometteuse, qui suggère notre implication à tous, consommateurs, pour réduire notre utilisation de plastique.  

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