Le billet sciences du week-end. Les transports se la jouent autonome

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De plus en plus de véhicules sans conducteur sont proposés, avec leurs avantages et inconvénients. Aujourd’hui, des voitures roulent toutes seules, même sur Mars ! Verra-t-on bientôt des bus, des camions ou même des TGV sans conducteur ?

Qu’il soit question des pilotes automatiques pour les avions, des drones ou même des véhicules autonomes qui roulent sur Mars, les automatismes existent depuis bien longtemps dans les transports. Désormais, c’est la voiture autonome qui devient une réalité, mais les facteurs à prendre en compte sont nombreux.   

Les automatismes sont partout 

Les fonctions d’automatisation sont en train de se développer pour amener de la sécurité active, avec du freinage d’urgence automatique, du contrôle de trajectoire, de la régulation de distance par rapport à la voiture de devant. La voiture totalement autonome est, elle, plutôt réservée à des usages professionnels pour de la livraison ou du transport de personnes. 

Michel Forissier, directeur technique et marketing Valeo

La technologie oui, mais pas au prix de la sécurité

Une réglementation internationale se met en place, pour accélérer la mise sur le marché des voitures autonomes. Cependant, cela ne pourra pas se faire sans certaines conditions. Les véhicules devront, par exemple, rouler à une vitesse inférieure à 60 km/h, comporter une boîte noire à bord, ou encore se déplacer sur des routes dotées d’une séparation physique entre les deux sens de circulation.  

Pour compléter ces mesures, Michel Forissier nous explique que “en termes de sécurité, on utilise des capteurs à ultrasons, des caméras, des radars, des lasers que l’on appelle des lidars. On intègre les données de tous ces capteurs dans un calculateur qui va proposer un contrôle de trajectoire ou un freinage d’urgence.” 

Avec 98 % des accidents dus à des erreurs humaines, on peut espérer que ces innovations nous permettront de nous rapprocher du zéro accident. D’ores et déjà, des industriels travaillent en ce sens, en développant des caméras qui filment les clignements des yeux des conducteurs pour détecter une fatigue et réduire les risques d’endormissement au volant.  

Les métros MP14 d’Alstom (autonomes), ici quelques jours avant leur inauguration, ont été mis en service commercial sur l’extension de la ligne 14, le 14 décembre 2020. Ce métro dessert désormais la totalité de la ligne 14, de la station Olympiades à la station Mairie de Saint-Ouen.
Les métros MP14 d’Alstom (autonomes), ici quelques jours avant leur inauguration, ont été mis en service commercial sur l’extension de la ligne 14, le 14 décembre 2020. Ce métro dessert désormais la totalité de la ligne 14, de la station Olympiades à la station Mairie de Saint-Ouen. (BERTRAND GUAY / AFP)

Le ferroviaire à l’ère de l’autonomie

Si la voiture autonome fait beaucoup parler d’elle, le ferroviaire n’aura pas attendu pour “raccrocher les wagons” de cette innovation. Depuis 40 ans déjà, le métro automatique permet chaque jour de réduire le temps d’attente. La performance est telle que cette automatisation permet aujourd’hui des fréquences toutes les deux minutes. Cependant, Stéphane Feray-Beaumont, directeur Innovation et mobilité intelligente chez Alstom, nous explique qu’il ne faut pas confondre automatique et autonome :  "Ici, nous parlons de trains qui ont besoin de percevoir leur environnement : les obstacles, la signalisation etc.”  

Désormais, Alstom souhaite aller plus loin en proposant, pour la première fois au monde, des trains régionaux autonomes. Un moyen de gagner en performance. Par ailleurs tous les efforts sont faits pour parer aux bugs informatiques et autres  cyberattaques. 

Un futur sans conducteur

Les innovations s’enchainent et nous permettent désormais d’envisager un futur sans conducteur. Le taxi sans chauffeur, qui viendra vous chercher n’importe où, n'importe quand, ou qui va ramener chez eux des jeunes alcoolisés en sortie de boîte de nuit, c’est demain ! Pour les bus, ou les trains, c’est pour après-demain. Reste à fixer les responsabilités en cas de crash, et à se protéger des bugs ou des cybercriminels.   Mais il n’est pas sûr que les passagers se bousculent dans les avions sans pilote !

En attendant, l’automatisme ne doit pas nous faire oublier que l’humain doit pouvoir reprendre la main. La récente perte de deux Boeing 737 MAX nous le rappelle.  

Cette chronique à découvrir en vidéo ci-dessous.

À lire

Les Échos : 
L’avenir de la voiture autonome passe par les transports en commun  

Futura Sciences :
Véhicules électriques et autonomes : le transport de demain  
Trains autonomes : quels seront les avantages pour les usagers

L'Usine nouvelle :
Alstom va tester ses trains régionaux autonomes en Allemagne  

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