Le billet sciences du week-end. Le fléau de l’acidification des océans

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Les océans absorbent environ 30 % des émissions de CO2, ce qui provoque leur acidification, appelée le "jumeau maléfique" du changement climatique.

Cette année, le 5 juin marque le lancement officiel de la décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes. Les mots d’ordre sont réimaginer, recréer, restaurer. Parmi tous les écosystèmes, la place des océans incluant la faune et la flore est capitale pour notre survie.

Le jumeau maléfique du réchauffement climatique

Les océans abritent environ 70% des espèces vivantes sur Terre. Ils génèrent plus de 60% des services écosystémiques, à commencer par la production de la majeure partie de l’oxygène que nous respirons. Ils absorbent environ 30 % des émissions de CO2, ce qui provoque leur acidification, appelée le "jumeau maléfique" du changement climatique. Au total, un quart des émissions produites par l’homme sont absorbées par l’océan, soit 26 millions de tonnes de CO2 absorbées par jour.

On a trop longtemps considéré l’océan, autant comme une source inépuisable de produits de la pêche, mais aussi comme un tout-à-l’égout infini. Prenons l’exemple des grands prédateurs, comme les requins, espadons ou autres thons rouges. Ils ont disparu à 90% depuis l’ère préindustrielle.

En cause, la surpêche, la pollution et l'affaiblissement des populations de plancton ou de krill, conséquence de l’acidification des océans. Les plantes et animaux marins utilisent le carbone pour former leurs coquilles et squelettes. Mais un environnement plus acide les affaiblit, les rendant plus vulnérables. Cela casse bien sûr la chaîne alimentaire et impacte les humains aussi.

Depuis 200 ans, l'océan s'est acidifié de 30%

Les scientifiques s’activent depuis 10 ans pour trouver des solutions. Expéditions océanographiques et modélisation informatique permettent de prévoir la progression de cette acidification et ses effets sur les écosystèmes. Depuis 200 ans, l’océan s’est acidifié de 30%, et pourrait continuer jusqu’à 120% dans quelques dizaines d’années.

La première solution, la plus évidente, est bien sûr de réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Jean-Pierre Gattuso, chercheur à l’IDDRI, directeur de recherches au CNRS, nous parle d’une technique d’alcalinisation de l’eau de mer, procédé très onéreux qui consiste à broyer en petites particules des roches riches en ions alcalins et à les déverser dans l’océan pour contrer son acidité. Cette technique ne peut être appliquée que dans des petites zones, comme une baie par exemple.

EMag Suez environnement (experts de la gestion durable des ressources) propose également un plan d’action.


• Anticiper la pollution en améliorant les stations d’épuration, rempart contre les pollutions physiques, chimiques et biologiques. Une grande quantité de microfibres plastiques échappent encore à la filtration des machines. C’est l’origine du lancement du projet Ecoseastem de recherches de meilleures technologies comme la microfiltration dynamique.


• Protéger la biodiversité, avec la mise au point de technologies de traitement des eaux de ballast des navires, dont l’ensemble de la flotte mondiale devra être équipée d'ici à 10 ans.


• Protéger le littoral, tel que les mangroves, réputées pour leur capacité de filtrations.

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