Le billet sciences du week-end. L’avion propre, rêve ou réalité ?

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Pendant tout l’été, Gérard Feldzer met en avant de nouvelles technologies qui nous permettront de mieux vivre dans un monde durable. Tour d’horizon des évolutions futures de l’aviation, vers des vols plus vertueux.

Le trafic aérien représente entre 2 et 4% des émissions de gaz à effet de serre, selon que l’on prenne en compte les traînées de vapeur d’eau en altitude ou les activités au sol. Alors que le secteur est pointé du doigt pour son bilan carbone, des solutions semblent se dégager.

Une innovation poussée par des standards environnementaux croissants

D’ici à 2050, le transport aérien souhaite réduire ses émissions de CO2 de 50% par rapport à leur niveau de 2005. Dans cette optique, l’Organisation de l’aviation civile internationale a adopté en 2016 l’accord CORSIA, un régime mondial de compensation de CO2 pour l’aviation. Désormais, la fraction des émissions de CO2 des vols internationaux, dépassant le niveau de celles de 2020, devra être compensée par des achats de crédits carbone par exemple.

Moderniser les flottes, emprunter des routes directes et réaliser des descentes moteurs réduits, l’innovation se met en route pour réduire le bilan carbone de l’aviation. L’avion de ligne électrique devrait, quant à lui, voler vers 2035 avec des solutions hybrides hydrogène.

L’hydrogène pourrait pratiquement brûler dans les moteurs actuels, même si cela nécessiterait des modifications. Mais le stockage à bord reste un gros problème car le réservoir d’hydrogène est aussi gros que la cabine qui va accueillir les passagers.

Yann Barbaux, président d'Aerospace Valley

L’espoir des carburants alternatifs

Le développement de carburants alternatifs, produits à partir de déchets organiques, ou la fabrication de carburant de synthèse, permettraient une réduction significative des émissions.

"Notre industrie travaille sur des biocarburants depuis longtemps, précise Yann Barbaux, mais il y a d’autres solutions, comme fabriquer des carburants de synthèse à partir d’un CO2 qui a été capturé, par exemple. On recycle du CO2 qui, de toute façon, était déjà émis, et on améliore ainsi de façon notable l’empreinte environnementale de l’aviation."

Initiative labellisée Solar Impulse, le consortium SAF+ combine ce CO2 avec de l’hydrogène, pour fabriquer un carburant compatible avec les infrastructures actuelles. 

Il s’agit d’une molécule qui est à 100% compatible avec la molécule de kérosène conventionnelle. Elle peut être directement injectée dans le réseau actuel, et mélangée avec le reste des molécules.

Jean Paquin, président du Consortium SAF+

Le consortium SAF+ combine CO2 et hydrogène pour fabriquer un carburant respectueux de l’environnement. (CONSORTIUM SAF+)
Le consortium SAF+ combine CO2 et hydrogène pour fabriquer un carburant respectueux de l’environnement. (CONSORTIUM SAF+) (CONSORTIUM SAF + / AIRBUS)

Les biocarburants aériens représentent aujourd’hui moins de 0,1% du carburant utilisé. La filière de construction reste donc à construire pour rendre cette solution compétitive face au kérosène.

Le mot de la Fondation Solar Impulse

"Il y a 5 ans, André Borschberg et moi devions voler à tour de rôle dans Solar Impulse lors de notre tour du monde en avion électrique solaire, pour des questions de poids notamment. Aujourd’hui, la technologie a tellement évolué que nous pouvons voler ensemble dans un avion de tourisme biplace, complètement électrique, électrifié par H55."

Bertrand Piccard, président de la Fondation Solar Impulse.

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