Xavier Bertrand réagit à la prime aux salariés chez Securitas : "J’ai hâte de m’entretenir avec le PDG et de lui dire ce que je pense"

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Les prévisions de l'Insee pour la fin de l'année ne sont pas bonnes. Le chômage pourrait remonter tandis que la croissance devrait rester au point mort au quatrième trimestre. Invité de France Info ce matin, le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé, Xavier Bertrand, commente ces prévisions. Il revient également sur la mise en place de la prime "dite" de 1.000 euros promise aux salariés des entreprises du privé. Des salariés aujourd'hui déçus avec un comble au sein de l'entreprise Securitas, où la direction a proposé une prime de 3 euros 50 sur l’année. Enfin le ministre du travail nous donne son sentiment sur la primaire socialiste, dont le premier tour aura lieu dimanche.

Selon les prévisions publiées hier par l’Insee, le taux de chômage pourrait atteindre 9,2% au quatrième trimestre en France métropolitaine, 9,7% en comptant l’Outre-Mer.
Pour le ministre du travail Xavier Bertrand, ces mauvais chiffres sont surtout dus à la conjoncture. Car « les nouvelles orientations » mises en place par le gouvernement en matière d’emploi, "ça marche", assure-t-il. Et de citer notamment l’accent mis sur les métiers en tension (c'est-à-dire en besoin de main d'oeuvre ou en manque de candidats).
Quant au rythme des créations d’emplois, lui aussi au ralenti, "quand il n’y a pas de croissance, c’est normal", commente le ministre, rappelant quand même les 20.000 emplois aidés annoncés par le président de la République.

Croissance : si l'Allemagne s'en sort, c'est parce qu'elle "a réalisé des réformes depuis plus longtemps que nous"

La croissance justement, égale à "0" au quatrième trimestre selon l’Insee qui revoit du coup sa prévision de croissance sur l’année 2011 à la baisse : 1,7% contre 2,1%, conséquence notamment d'une forte détérioration cet été du climat des affaires, assombri par la crise des dettes souveraines, de mauvais chiffres américains et la chute des marchés boursiers. "La France n’est pas le seul pays concerné", commente Xavier Bertrand, soulignant "des incertitudes" qui demeurent. Avec une croissance prévue de 2,9% en 2011, l'Allemagne pourtant devrait tirer son épingle du jeu et même retrouver son niveau de PIB en volume d'avant la crise mondiale. Une spécificité qui s’explique selon le ministre français du Travail du fait que l’Allemagne, "a réalisé des réformes depuis plus longtemps que nous". Des réformes nécessaires, insiste Xavier Betrand et acceptables selon lui par les français à partir du moment où elles sont "efficaces" et "justes".

"Il ne faut pas afficher du mépris pour les salariés avec une prime de 3 euros 50"

Censée donnée un coup de pouce au pouvoir d’achat des travailleurs, la prime Sarkozy, obligatoire dans les entreprises privées de plus de 50 salariés, dont les dividendes sont en hausse par rapport aux deux années précédentes, a fait des déçus. Mille euros, c’était la somme idéale évoquée par François Baroin quand il était encore porte parole du gouvernement. Mais on en est loin. Négocié entre les syndicats et la direction, dans chaque société, son montant reste aléatoire. Et frise parfois le ridicule ou la provocation, comme par exemple chez Securitas. Sur France Info hier, Erik Biro, secrétaire général du syndicat UNSA dans cette entreprise qui comme son nom l’indique, est spécialisée dans la sécurité, n’en revenait toujours pas. Le montant de la prime proposé par la direction est de“ 3 euros 50 sur l’année ” a-t-il affirmé. Ce matin, Xavier Bertrand revient sur cette prime. Il n’a "jamais été question d’une prime de 1.000 euros" dès 2011, rappelle le ministre, qui estime qu’une petite prime, même de 150 euros, "c’est mieux que rien". Mais le cas Securitas "ne respecte ni la loi, ni l’esprit de la loi", déplore le ministre du Travail qui entend bien dire ce qu’il pense au PDG de cette société. "Il ne faut pas afficher du mépris pour les salariés avec une prime de 3 euros 50 […] et j’ai hâte de pouvoir m’entretenir avec lui et lui dire ce que je pense", a-t-il réagi sur France Info ce matin.

Primaire, une bonne idée inscrite dans les statuts de l’UMP

Le premier tour de scrutin de la primaire socialiste a lieu dimanche. Un principe qui donne des idées à la droite. "Evidemment", réagit Xavier Bertrand. L’idée figure d’ailleurs "noir sur blanc dans les statuts de l’UMP", souligne le ministre du Travail. Une bonne idée donc, mais à la seule condition que le candidat ne soit pas le Président sortant.

Cécile Mimaut

Vous êtes à nouveau en ligne