Eric Woerth : Il ne faut pas que le sommet social "accouche d'un consensus mou !"

Au matin de l'ouverture de la Grande conférence sociale, l'ancien ministre du Travail du président Sarkozy est l'invité de France Info. Pour dire que, contrairement à ce que le nouveau gouvernement assure - et les syndicats - le dialogue social a bien eu lieu pendant cinq ans...

Quand la gauche veut renouer avec les syndicats... Cela donne le grand sommet social, aujourd'hui et demain. A croire que la droite ne les écoutait pas ? "Il y a eu beaucoup d'accords sous Nicolas Sarkozy, beaucoup plus que sous l'ensemble de la Ve République", raconte Eric Woerth, ancien ministre du Travail, invité de France Info."Mais à un moment donné, les choses se sont compliquées, au moment de la réforme des retraites. Là, l'exécutif a pris ses responsabilités" .

Le bilan n'est pas attendu avant un an. Mais "la France n'a pas le temps !"  s'emporte Eric Woerth. "Il ne faut pas qu'un tel sommet accouche d'un consensus mou" . Bref, "il y a urgence sur l'emploi, sur la formation professionnelle, sur la compétitivité du pays (...) Il faut prendre des décisions très fortes !"

Et l'ancien ministre de se désoler que la TVA sociale, anti délocalisation ne voie pas le jour. "Je prends les paris qu'il y aura une augmentation de la CSG dans les mois qui viennent."

Mais "il ne suffit pas de détricoter l'ère Sarkozy pour être efficace" ... Et "supprimer les allègements de charges sur les heures supplémentaires c'est une faute, c'est attaquer directement le pouvoir d'achat des Français"

Deux mots sur la guerre des chefs qui fait rage actuellement à l'UMP. "Il faut aller vers l'apaisement" , martèle Eric Woerth, qui ne prend pas position pour tel ou tel candidat. D'ailleurs, il n'a pas encore pris sa décision. "Je veux que ma voix concoure à l'unité" , dit-il. 

Sur l'affaire Bettencourt, et un possible financement illégal de la campagne de Sarkozy en 2007 - les domiciles et bureaux de Nicolas Sarkozy ont été perquisitionnés la semaine dernière, Eric Woerth est lui-même déjà mis en examen - la réponse est attendue : "j'ai pas de commentaire à faire. Je veux pas m'exprimer. Je suis très serein vis-à-vis de tout ça."