Une nouvelle affaire dans la Campagne présidentielle

La bombe Bourgi ! C'est une bombe à fragmentation qui explose dans les jardins de l'Elysée puisqu'elle touche, ses anciens occupants, Jacques Chirac et Dominique de Villepin, ex-secrétaire général de la Présidence, mais aussi indirectement Nicolas Sarkozy. Robert Bourgi affirme avoir été le porteur de mallette pour Jacques Chirac, dont il était le discret et officieux "Monsieur Afrique". Les présidents africains Bongo, Wade, Gbagbo, Compaoré, Sassou Nguesso auraient versé 10 millions de dollars pour notamment financer la campagne de 2002, d'après l'avocat franco-libanais.

Faux et archi-faux a réagi hier-soir sur France 2 Dominique de Villepin :
_ "ces allégations sont mensongères et indignes... à un moment qui est celui du procès de Jacques Chirac et à quelques jours d'une décision de la cours d'appel dans l'affaire Clearstream".

Jacques Chirac comme Dominique de Villepin ont décidé de déposer plainte pour diffamation.
_ La contre-attaque, c'est celle du moment où sortent ces révélations, en plein procès Chirac et à 3 jours du jugement en appel de l'affaire Clearstream. Un autre ancien collaborateur de Jacques Chirac enfonce le clou : Pour Jean-François Probst, Bourgi, c'est pas fini, ça continue sous Sarkozy : "il a divorcé de son ami Dominique de Villepin en 2005 et depuis il s'est mis au service de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant ou je ne sais qui...".

Robert Bourgi au service de Nicolas Sarkozy : Les proches du Président démentent.
Hortefeux, Guéant, Guaino. Comme toujours en cas d'incendie, les pompiers du Président sont montés au front avec cette question, ici dans la bouche d'Henri Guaino : Bourgi, c'est qui ? : "Je ne connais pas M. Bourgi et je n'étais pas à l'Elysée au temps de cette affaire".

Circulez, il n'y a rien à voir donc lors que Robert Bourgi est souvent qualifié de conseiller officieux du chef de l'Etat. Nicolas Sarkozy lui a d'ailleurs remis la légion d'honneur en 2007. Nicolas Sarkozy qui est d'ailleurs cité dans "la République des Mallettes", le dernier livre de Pierre Péan. Michel de Bonnecorse, ex-conseiller Afrique de Jacques Chirac affirme que Robert Bourgi a déposé une mallette "aux pieds" de Nicolas Sarkozy, avant 2007.

L'opposition, elle, aussi tente d'impliquer le chef de l'Etat

C'est ce qu'a fait hier François Hollande sur Canal Plus : "Robert Bourgi est un conseiller officieux de Nicolas Sarkozy.. entre Nicolas Sarkozy et les chefs d'état africains... je demande que le garde des sceaux demande l'ouverture d'une enquête judiciaire..."

_ Le Parti Socialiste, par la voix d'Harlem Désir, demande également l'ouverture d'une enquête. Pas de réaction en revanche de Martine Aubry alors que le PS a aussi souvent nagé en eaux troubles sur le continent africain, du Gabon à la Côte d'Ivoire.

Ajoutons enfin les réactions ulcérées de François Bayrou dans l'émission Radio France Politique qui parle de "piliers de notre pays vermoulus par la corruption" et celle très proche de Marine Le Pen qui dénonce une "République pourrie jusqu'en son centre " et on a notre dicton du jour :
_ Quand Bourgi balance, au PS, les souris prudemment dansent, au FN comme au Modem elles sont en transe, à l'UMP, elles préfèrent le silence.

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