Sommet social : trop tard ?

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Les partenaires sociaux sont conviés à l’Elysée pour discuter de mesures à prendre notamment pour lutter contre le chômage. Mais l’opposition, et une partie de la majorité, doutent que ce soit le bon moment pour réformer en profondeur.

Le sommet social rebaptisé sommet de crise par Nicolas Sarkozy devrait plutôt s'appeler sommet de dernière minute d'après l'opposition, organisé à 3 mois de l'élection présidentielle. Alors que la CGT dénonce un "affichage" , le député socialiste Claude Bartolone doute que les conditions soient optimales pour un dialogue constructif : "On se retrouve une nouvelle fois avec une invitation en direction des organisations syndicales beaucoup plus pour les informer que pour négocier".

En déplacement à Gandrange hier, François Hollande a dénoncé un sommet de "début de campagne" . Pour le candidat du PS c'est dans les urnes que les orientations pour lutter contre la crise devront être ou non validées. Son concurrent du Modem François Bayrou pense à peu près la même chose : "Je n’attends pas grand chose, parce que je pense que c’est trop tard, je pense que c’est trop court ; on ne règle pas des questions comme ça en quelques heures à quelques semaine d’une élection présidentielle".

Il n'y a pas que dans l'opposition qu'on pense que c'est trop tard.
Plusieurs députés UMP commencent à grincer des dents à l'idée de voir la TVA augmenter pour financer la protection sociale. Lionel Luca est favorable à cette TVA sociale, mais pas en fin de mandat : "On n'aura que les inconvénients et aucun des avantages qui ne peuvent être qu’à moyen et long terme. Je ne vois pas l’intérêt de la mise en place d’une réforme aussi importante qu’on aurait du faire pendant le mandat ; chaque point de TVA fera un point en moins pour le déput é qui se présentera".

La majorité est-elle en train de se faire hara-kiri ? C'est le contraire assure la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet : "Aujourd’hui, le risque c’est l’anesthésie ; l’anesthésie, elle nous tuerait […] il fait que nous pratiquions la guerre de mouvement ; le monde entier est en concurrence […] en compétition".

Une guerre de mouvement qui devrait être déclarée en deux temps : annonce dès aujourd'hui des décisions les plus consensuelles sur le chômage partiel, la formation des demandeurs d'emploi ou encore sur le logement. Invité surprise du sommet, le chef de l'Etat pourrait en revanche attendre la fin du mois pour dévoiler les mesures structurelles sur la TVA sociale ou la modulation du temps de travail. La fin du mois, ce qui devrait permettre au chef de l'Etat de voir ce que propose son principal François Hollande censé détailler son projet à partir de dimanche prochain.