Référendum grec : les "pour" et les "contre" en France

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La classe politique française se divise sur la décision de Georges Papandréou d'organiser un référendum sur l'accord de Bruxelles. D'un coté ceux qui pensent que le peuple ne doit pas être systématiquement consulté ; de l'autre, ceux qui estiment que c'est le peuple qui doit être souverain coute que coute. Et puis, il y a ceux qui se trouvent entre ces deux opinions.

Le peuple a-t-il toujours raison ? La démocratie athénienne reviendrait ainsi à sa source. Celle de la démocratie directe où tous les citoyens votent les lois réunis sur la colline de Pnyx. Mais peut-on faire confiance au peuple ? Le sujet de dissertation philosophico-politique anime la place publique depuis 24 heures.

D'abord ceux qui pensent que c'est trop risqué

Les disciples de Montesquieu en quelque sorte : "le peuple n'est pas propre à gérer par lui-même". L'UMP Christian Estrosi a qualifiée la décision de George Papandréou de "totalement irresponsable". Dans des termes plus mesurés Nicolas Sarkozy précise, lui, que donner la parole au peuple est toujours légitime. On peut poser la question, mais il n'y a qu'une seule réponse : "le plan adopté jeudi dernier [..] est la seule voie possible pour résoudre le problème de la dette grecque"
Nicolas Sarkozy qui va le redire ce soir à Georges Papandréou à Cannes en compagnie d'Angela Merkel. Si référundum il doit y avoir ce doit être rapidement et "uniquement pour poser la question de l'appartenance à la zone euro" estime l'exécutif français. Poser la bonne question pour éviter d'avoir une mauvaise réponse.

En face de Montesquieu, il y a Jean-Jacques Rousseau

Rousseau qui disait que "toute loi que le peuple en personne n'a pas ratifiée est nulle" Parmi ses adeptes hier François Bayrou, le président du Modem a salué le recours au référendum. Tout comme la présidente du Front National Marine Le Pen et le candidat du Front de Gauche à la présidentielle. Même si Jean-Luc Mélenchon ne se fait pas trop d'illusions : "de toute façon, les dirigeants européens ont très peur des référendums car chaque fois qu'il y en a un, il donne tord à leur plan". Référence aux rejet de la Constitution européenne en 2005 suivi de l'adoption du Traité de Lisbonne.

Ne manquent que les partisans du "oui mais"

L'art de la synthèse, incarné par l'ancien ministre socialiste des affaires européennes Pierre Moscovici : "on a tendance à oublier qu'il y a des peuples ; qu'il faut qu'un plan pour être accepté soit validé démocratiquement".
Martine Aubry et François Hollande se sont gardé de saluer l'initiative de leur collègue socialiste Papandréou préférant en profiter pour dénoncer le "défaut de gouvernance de la zone euro que cela traduisait". Une pique à Nicolas Sarkozy. La politique reprend vite le dessus sur la philosophie.

En bref, la reprise des négociations entre socialistes et écologistes.

Négociations d'un accord "programmatique" de gouvernement et d'un accord électoral sur des circonscriptions. Ces derniers jours, chacun a montré les muscles. Europe Ecologie Les Verts faisant de la sortie du nucléaire un point non-négociable et le PS dénonçant un "oukase". Les choses ne sont peut-être pas aussi abruptes. La réduction de 75 à 50% de la part du nucléaire dans la production d'électricité d'ici 2025 (proposition de François Hollande) pourrait correspondre au rythme de sortie envisagé par les écologistes. La poursuite ou non de l'EPR de Flamanville pourrait constituer la pricipale pomme de discorde.

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