Quand la majorité "débat" sur les transports

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Au menu de ce mardi, un dossier qui fâche, un de plus, au sein de la majorité écolo-socialiste : celui des transports.

Les transports amoureux, ça
n'est pas pour eux. Que ce soit en voiture, en train ou en avion, les
partenaires de la majorité ont bien du mal à avancer de concert. C'est le cas
par exemple sur la ligne grande vitesse Lyon-Turin, projet confirmé hier par
François Hollande et son homologue italien Mario Monti. Un projet farouchement
combattu en Italie, et de plus en plus contesté en France : déploiements de
forces de police, survol d'hélicoptères, manifestation entravée : l'ambiance
hier à Lyon en rappelait une autre, celle qui prévaut à Notre-Dames- des-Landes,
futur lieu d'implantation d'un aéroport très contesté lui aussi.

 Cette contestation a pour
fondement la défense de l'environnement, mais pas seulement...

 C'est aussi une affaire de
sous, de gros sous. Car les projets en question coûtent cher : plus de 26
milliards pour la ligne Lyon-Turin, dont 8 milliards et demi pour les 57
km
de tunnel transalpin. Un investissement inutile, dénoncent les détracteurs du
projet car le tonnage de marchandises circulant entre la France et l'Italie
diminue et la ligne ferroviaire existante, qui passe par le tunnel du Mont-Cenis
est sous-utilisée.

Or le gouvernement ne cesse
de le répéter : il manœuvre dans un contexte budgétaire très serré. Jérôme
Cahuzac, le ministre délégué au Budget, ne disait pas autre chose l'été dernier
pour justifier un élagage en règle. Il faut faire des choix.

 Des choix qui sont donc
contestés notamment par les écologistes...

 Les écologistes, en première
ligne dans les manifestations, à Lyon comme à Notre-Dame-des-Landes. La ministre
écologiste du Logement, Cécile Duflot, conteste la ligne Lyon-Turin au nom de
la situation financière du pays.

Pascal Canfin, son collègue
au développement, se tâte pour aller manifester près de Nantes, immédiatement
recadré d'ailleurs par Jean-Marc Ayrault mais pas question pour l'un ni pour
l'autre de quitter le gouvernement. Des contorsions compliquées à justifier. Tentative de Pascal Durand, secrétaire national d'Europe
Ecologie-les Verts :

"Je ne veux pas voir ça comme
une tension entre les socialistes et les écologistes, mais comme un débat dans
la majorité..."

 Un "débat ", pas un
pugilat. De simples divergences sur le rapport au modèle productiviste. Pas de
quoi remettre en cause la solidarité gouvernementale à entendre Pascal Durand.
Or cette solidarité est justement un piège pour le gouvernement selon le député
UMP Thierry Mariani, ex ministre des transports de Nicolas Sarkozy. Mais Jean-Marc Ayrault ne
semble pas vouloir s'embarrasser de concessions aux écologistes.. ainsi, sa
déclaration au Point jeudi dernier : "On ne va tout de même pas tomber
dans la décroissance";,
du "mépris ", selon un eurodéputé écolo,
qui prédit une sortie du gouvernement si, comme il le prévoit, les forces de l'ordre
interviennent de nouveau à Notre-Dame-des-Landes.

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