Primaire PS : second tour, polémiques et règlements de comptes

A 48 heures du second tour de la primaire socialiste, l'ambiance est à la crispation dans les rangs du PS. La polémique du jour, c'est l'expression de Martine Aubry pour qualifier son rival, le "candidat du système". Les partisans de François Hollande dénonce l'usage du vocabulaire du FN et Marine Le Pen s'en réjouit...

Le poing prend le dessus sur la rose. Hier, Martine Aubry reprochait à François Hollande d'employer les mots de la droite à son encontre. Cette nuit, c'est un partisan du député de Corrèze, François Rebsamen, qui a accusé la maire de Lille d'user du "vocabulaire de Le Pen". En cause, une interview à 20 Minutes dans laquelle Martine Aubry taxe son rival de "candidat du système". Halte à l'escalade, dit ce matin François Hollande sur France inter : "Je crois que c'est un dérapage, oui [...] Moi je veux de la force et je ne me laisserai pas distraire par ce type de petites polémiques". Quelques minutes plus tard, sur la même chaîne, Martine Aubry enfonce le clou : "Ce n'est pas du tout un dérapage, c'est une vérité [...] Ne vous laissez pas impressionner par les sondages, par les commentateurs". Et de rajouter "Cela ne met pas en cause François Hollande, cela met en cause un système". Le système donc, nouvelle cible de la maire de Lille pour le plus grand bonheur de la présidente du FN, Marine Le Pen, invitée d'i-télé ce matin : "Je suis ravie d'apprendre que Madame Aubry nous avoue qu'elle sait qu'il existe un système en France, cette caste, ces élites qui se défendent les uns les autres et qui gouvernent sans le peuple". Marine Le Pen qui s'était déjà frotté les mains avec la percée du démondialisateur Montebourg et à qui les socialistes fournissent une nouvelle occasion de se remettre dans le jeu.

Voir aussi : Crispations au PS à 48 heures du second tour

A l'approche du verdict socialiste, les écologistes jouent la prudence

Application du principe de précaution pour Cécile Duflot, la patronne d'Europe Ecologie-Les Verts. Martine Aubry est très bien, mais François Hollande a aussi beaucoup de qualités. "Oui, nous avons tissé de bonnes relations avec Martine Aubry et le parti socialiste. Mais cela ne veut pas dire que moi au d'autres estimons que c'est la meilleure candidate. J'ai apprécié ce qu'a dit François Hollande sur la nécessité de remettre la présidence de la République à sa vraie place", a dit ce matin la secrétaire nationale des écologistes sur Europe 1. Cécile Duflot qui préfère ne pas injurier l'avenir. Daniel Cohn-Bendit, lui, a moins d'égards pour ses amis socialistes. Pour l'euro-député, invité de RTL ce matin, la primaire du PS n'était pas au niveau : "J'ai trouvé dans cette campagne qu'il y avait un manque de vision. Le monde était un peu absent [...] et j'ai l'impression qu'on était quand même dans un débat très franco-français", a commenté Daniel Cohn-Bendit, qui n'a toutefois généralement pas la dent moins dure pour sa propre candidate Eva Joly.

Les UMP n'en peuvent plus de cette primaire socialiste

Même Nicolas Sarkozy. "Le vote de madame "Dugenoux" au PS intéresse plus que ma rencontre avec Angela Merkel", s’est indigné le chef de l'Etat lors du petit déjeuner de la majorité. Tous les UMP sont impatients de passer à autre chose. Mais ils passent leur temps à dénigrer cette primaire PS et pas toujours de façon très politique. Philippe Briand, député d’Indre et Loire, où se tiennent les journées parlementaires UMP, s’illustre dans le style chansonnier. "François Hollande, qui était poupon, vous avez vu comme il est devenu mince aujourd’hui ? La politique ne nourrit plus au parti socialiste. A force de maigrir comme ça, il va devenir aussi transparent que son programme", a ironisé le député-maire UMP de Saint-Cyr, hôte des journées parlementaires de l'UMP. Jean-François Copé ironise lui aussi, façon syllogisme : "Les primaires, c'est moderne parce que c'est de gauche. c'est de gauche parce que c'est moderne. c'est moderne parce que c'est moderne." Dans le Figaro ce matin, le secrétaire général de l’UMP estime qu’il est "grand temps que cela se termine". Autre précision de Jean-François Copé, "toute allusion à l'après 2012 dessert Nicolas Sarkozy", en rappelant, sans le dire, que lui vise 2017.

D’autres visent la mairie de Paris en 2014, comme François Fillon, ce qui fait grincer des dents. Dans ces cas, les primaires ce serait très bien assure une pro Fillon, la sénatrice Chantal Jouanno, sur France info. Mais en 2012, c’est Nicolas Sarkozy le candidat. Il ne le dira pas avant l’année prochaine. Mais il pourrait reprendre la main en novembre, via peut-être une émission de télévision, croit savoir le Figaro

Une chronique de Marie-Eve Malouines et Jérôme Jadot
Préparée avec Charlotte Coblentz
Présentée en direct par Julien Moch
_ Page web : Cécile Mimaut

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