Présidentielle : les sondages à J-100

Que veulent dire les sondages à 100 jours du premier tour de l’élection présidentielle ? Beaucoup de choses si l'on en croît les sondeurs.

Janvier, c'est souvent le mois où se cristallise l'opinion. C'est à ce moment que les Français se projettent dans la présidentielle et commencent sérieusement à réfléchir à leur vote. Même si les indécis restent nombreux, et parfois jusqu'à la dernière minute, c'est là que les tendances se confirment ou que les changements s'opèrent.

Pour le 2eme tour, car pour le premier, tout peut changer, selon Jean-François Dorodot de l'institut IPSOS : "Lionel Jospin était 3ème simplement en 1995 début janvier, Edouard Balladur menait largement de plus de 10 points devant Jacques Chirac avant qu’il soit rejoint puis dépassé par Jacques Chirac à la mi-février. On a aussi des tendances qui peuvent s’inverser : on avait par exemple en 2002 Jean-Pierre Chevènement qui était à plus de 10% des intentions de vote début janvier qui finalement s’est tassé fin avril […] D’une manière générale, les évolutions sont très fortes en janvier et avril ; ça ce qui concerne le premier tour  ; sur le second tour, c’est beaucoup moins vrai et finalement, tous les gagnants de l’élection présidentielle depuis 1988 étaient en tête des sondages, pas forcément début janvier mais au moins fin janvier". 

Fin janvier, voire fin février. En 1995, c'est à ce moment là qu'Edouard Balladur s'effondre au profit de Jacques Chirac, Lionel Jospin étant battu au 2eme tour. 1995, l'élection qui s'est jouée le plus tard.
En 1988, c'est tout début février que les courbes se croisent entre Raymond Barre et Jacques Chirac. Changement d'affiche pour le 2eme tour. Chirac sera battu par un Mitterrand ayant fait seul la course en tête.
En 2007 enfin, jamais les jeux n'auront été faits aussi tôt. Après le 14 janvier, date où Nicolas Sarkozy a lancé sa campagne, Ségolène Royal a toujours été distancée.

Voilà pour les tendances, mais il y a aussi les contre-exemples. La surprise de 2002 dont les sondeurs ont toujours un peu de mal à parler. Jacques Chirac est donné en tête devant Lionel Jospin jusqu'au premier tour. On connaît la suite. 21 avril, c'est Jean-Marie Le Pen qui décroche sa qualification pour le second au détriment du socialiste.

Pour l’instant, il y a deux grands gagnants dans les dernières enquètes. Marine le Pen et François Bayrou. La Présidente du FN est désormais créditée de 17 à 21,5% des voix. 21,5% pour l'IFOP, à 2 points seulement de Nicolas Sarkozy. François Bayrou, lui, obtiendrait 13 à 15% des suffrages. Dans tous les cas de figure, François Hollande arriverait devant le chef de l'Etat avec une avance comprise entre 2 et 3 points et demi selon les instituts.
Et à noter que le prochain baromètre IPSOS pour France Info sera publié mardi prochain.

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