Plan d'économies : les mutins ne désarment pas au PS

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François Hollande et Manuel Valls encore et toujours confrontés à la fronde au PS contre le plan d'économies à 50 milliards. Ça ne s'arrange pas.

  Si ça continue, ça va finir
avec des barricades comme à Maïdan. Plus les jours passent, plus la fracture s'élargit
entre le gouvernement et les mutins de la majorité. Trois députés, Jean-Marc
Germain, Laurence Dumont et Christian Paul, expliquent dans une tribune de Libération ce matin pourquoi ils ne
voteront pas le texte, parce que selon eux, le plan ne répond pas à
l'engagement dans la justice édicté par le président.

Combien sont-ils, ces
parlementaires qui ont la sensation de ne pas être entendus par Manuel Valls quand
il les reçoit à Matignon ? A cette question, le Premier ministre répond
par une autre : combien de voix socialistes vont manquer mardi, lors du vote à
l'Assemblée ? Même avec celles du Parti radical de Gauche, il est possible
que le compte ne soit pas bon.

Le Premier ministre peut se tourner vers le
centre ?

" Le problème de
Valls est qu'il est né du mauvais côté de la rivière ", explique Yves
Jégo. La rive gauche, bien sûr.

Pour le patron par intérim de
l'UDI, depuis le retrait de Borloo, il n'est pas possible de mener une
politique de droite avec une majorité de gauche, et c'est pour cela que tout
craque au PS.

Les centristes sont
d'ailleurs plus hollandais que le président, avec leur plan, non plus à 50,
mais à 80 milliards. Qui dit mieux ?

L'UDI sort la grosse
artillerie : la retraite à 62 ans, les fonctionnaires aux 39h. Pour les
anciens UDF, le plan du président est " petit bras ", insuffisant,
" il n'y a aucune chance que nous votions pour ", avance Jego,
" nous allons nous abstenir ". 

Quelle solution alors pour Manuel Valls ?

Lâcher in fine sur les
petites retraites, faire un geste sur le mode " je vous ai compris ",
pour que personne ne soit humilié.

Provoquer un
" choc " chez les mutins, un de plus, le mot est très à la mode
depuis quelques temps.

Le trio Valls-Cambadélis-Le
Roux est à la manœuvre, Matignon, Solferino, et le Groupe à l'Assemblée, sous
le regard inquiet de l'Elysée, parce que François Hollande serait directement
et personnellement par un vote négatif.

Le ton devient plus ferme...

Le Premier ministre invoque
" la responsabilité de la majorité ", parce que les réformes sont
nécessaires, et les Français les attendent, répète Manuel Valls.

Jean-Christophe Cambadélis
fera voter le Bureau national en urgence lundi. En espérant un résultat positif
qui influencerait le groupe PS à l'Assemblée le lendemain, devant lequel Camba
s'exprimera pour tenter de renverser la tendance.

Restent d'éventuelles
sanctions contre les Mutins : mais de quelle nature, si le rejet est
massif ? Couper le PS en deux ?

C'est à croire que les
parlementaires socialistes sont devenus " hollandophobes ". Leur
colère dépasse le plan. Le problème est qu'ils n'y croient plus eux-mêmes, et
redoutent trois ans de descente aux enfers avant un Grand Soir en 2017, mais de
droite.

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