Petits candidats cherchent gros scores aux Européennes

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Les élections européennes du 25 mai consacrent l’émergence de ce que l’on appelle « les petits candidats », qui ont peu de chance de se faire entendre. Et encore moins de se faire élire.

« Petit » n’est pas péjoratif, mais affectueux. Mais vous connaissez le dicton : « quand les gros maigrissent… les maigres meurent ». Ce n’est pas le moindre des paradoxes : petits candidats, mais parfois grandes idées pour certains, ils sont toujours plus nombreux au fur et à mesure que l’abstention grandit fil des scrutins. 193 listes pour ces Européennes 2014, 32 de plus en cinq ans. Encore un chiffre pour vous donner le tournis : ceux qui iront voter dimanche à Paris et en Ile-de-France auront le choix entre 31 bulletins, du moins s’ils sont tous disponibles. Certaines formations qui n’ont aucun moyen invitent leurs rares électeurs à imprimer leur bulletin de vote sur le Net avant d’aller aux urnes.

Les plus connus, liste non exhaustive

Evoquer certains candidats impose déjà une sorte de hiérarchie au sein d’une constellation qui justement conteste l’ordre établi. Quelques noms émergent, ainsi que d’anciennes gloires.

Il y a d’abord l’inclassable : Pierre Larrouturou, économiste, qui a fondu Nouvelle Donne , avec l’ancien des Guignols de l’info Bruno Gaccio et l’urgentiste Patrice Pelloux. D’obédience socialiste, ce nouveau parti qui aligne sept listes et revendique 8000 adhérents, réclame un traité de convergence sociale, la fin de l’austérité, une Europe réduite à un noyau dur à huit ou neuf pays pour repartir. Deuxième nouveau visage, Denis Payre : ce patron à succès a investi une partie de sa fortune pour fonder Nous Citoyens qui a déjà pris ses marques aux dernières municipales. Fort de ses dix mille adhérents, Denis Payre, qui a le sens de la formule choc, se veut être une « alternative crédible au FN », en proposant une troisième voie « ni droite ni gauche », en défendant des valeurs républicaines, européennes et humanistes, lui qui veut tourner la page des professionnels de la politique.

Vous avez également certaines personnalités qui tentent un retour sur le devant de la scène : Christine Boutin, qui veut surfer sur la mobilisation anti-mariage gay, Olivier Besancenot tête de liste du Nouveau parti Anticapitaliste en Île-de-France, très actif sur le terrain, ou encore Corinne Lepage, eurodéputée sortante, très en pointe sur les questions d’environnement, qui avait été élue sur des listes Modem  et va tenter une opération survie à la tête de son mouvement Cap 21.

Peu de chances d’être élus

La règle est implacable pour ces candidats qui ont bien du mal à accéder aux médias, et nous appellent souvent ou nous envoient des SMS pour nous le reprocher: s’ils ne passent pas la barre des 5%, ils n’auront aucune chance de décrocher un mandat d’eurodéputé. Les places sont rares : il y en aura 74, pas une de plus. Mais les plus petits d’entre eux ne cherchent qu’à se faire connaître localement, phénomène favorisé par la régionalisation du scrutin, l’une des pires idées électorales de la Vème République, qui ne correspond à rien, et rend encore plus opaque une élection déjà vécue comme un repoussoir, et a de fortes chances d’être boudée comme il y a cinq ans par six électeurs sur dix. Au final, et dans ce contexte hostile, petit candidat, même avec de grandes idées, relève du sacerdoce.

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